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A noter :

Pour permettre au plus grand nombre

de participer au voyage à Tarnos

du 25 au 28 octobre 2012

La date limite des inscriptions

est reportée au

30 juin 2012

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Rencontre avec

Guy Konopnicki

autour de son dernier livre

Vendredi 1er Juin

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Présentation

aacce

Lundi 11 décembre 2006 1 11 /12 /Déc /2006 09:02

Yiddish Panthéon : « Aux gressere Menschn, le Yiddishland reconnaissant ».

 

On a tout dit des grands hommes de culture juive. Tout et n’importe quoi ! Surtout n’importe quoi. Il était temps que d’éminents historiens, commandités par la CCE, nous livrent la véritable biographie des personnages célèbres de notre Panthéon.

Aujourd’hui : le capitaine Dreyfus

 

 

Contrairement aux allégations de certains historiens peu scrupuleux, le prénom de Dreyfus n’était ni Capitaine, ni Jean Claude, et ses parents ne tenaient pas un magasin de Délicatessen ; mais Alfred, ce qui peut expliquer son goût prononcé pour les romans d’espionnage Hitchkockiens.

En réalité, fils de commerçants drapiers du quartier Saint Pierre, aux pieds de Montmartre, le capitaine Dreyfus vécut une enfance insouciante jusqu’au jour où il s’intéressa aux origines de sa famille.

Troublé par les interrogations pernicieuses de ses camarades de classe, il demanda à ses parents s’il était vrai que les noms juifs pouvaient de traduire en Français. Il se vit alors répondre, qu’en effet, Rosenberg pouvait se dire Montagne de roses, et Goldman, Homme d’or. « Et Dreyfus ? »   demanda le jeune garçon. Ce à quoi, son père lui expliqua que ce nom pouvait provenir de Dreï fiss, c'est-à-dire « trois pieds ».

Comme tous les garçons de son âge, Alfred se précipita aux toilettes pour vérifier si son anatomie pouvait lui permettre de faire front à une telle hérédité, mais il en ressortit très déçu.

Il en conçut dès lors, une grande admiration pour son père, et vécut dans l’angoisse de se trouver un jour dégradé au nom de « Tsweïfuss* ».

Au cours d’une séance de thérapie chez Sigmund Freud, Alfred Dreyfus, feuilletant une revue militaire tomba en arrêt devant l’image d’un capitaine de dragons. Face à cette gravure d’un fier militaire portant un long sabre le long de se jambes, il eut l’illumination de sa vie et décida de devenir capitaine.

Fidèles à une longue tradition d’antisémitisme, les élèves officiers le taquinaient souvent en faisant mine de briser son sabre. Emile Zola, passant par hasard devant la caserne, les interpella. « Laissez-le tranquille, vous voyez bien que c’est un innocent ! » s’exclama t’il.

Cette répartie trouva un écho démesuré dans la presse de l’époque, et la France se divisa en deux camps.

SOS Racisme et le MRAP s’indignèrent que des clients demandent à Dreyfus père « comment vont les affaires ? » Le colonel Picquard, surnommé le surgelé à cause de son aspect peu engageant, prit également la défense du capitaine dans une sombre affaire au cours de laquelle un homme livra à l’avance à Schwartzkoppen, sélectionneur allemand, la composition de l’équipe de France qui devait jouer le lendemain soir au Stade France, match télévisé à 20h 45 sur TF1, comme d’habitude.

Victime d’une grave erreur, Dreyfus fut exclu et envoyé jouer en 3° division dans une équipe guyanaise, les « Bagnards de l’île du Diable. »

Emile Zola publia un article dans l’Equipe, et après une longue lutte qui ébranla les assises de la FIFA, Dreyfus fut réintégré à l’aile gauche à la place d’Esterhazy, et retrouva son brassard de capitaine.

 

 

Guy Perelman

 

 

* littéralement et approximativement : « deux pieds »

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Dimanche 10 décembre 2006 7 10 /12 /Déc /2006 18:05
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Dimanche 10 décembre 2006 7 10 /12 /Déc /2006 15:01

  Itzikh MANGHER   -  Extraits de "La Génèse"  -   (traductions : TEPY

             EVE APPORTE LA POMME A ADAM 

 

Adam, le premier homme, est étendu dans l'herbe 

Et s?amuse à cracher vers les nuages

Alors le nuage supplie Adam 

"Adam, mon chou, arrête!" 

 

Adam lui tire la langue

"Taratata, taratata" 

Et dans un rayon de soleil, envoie un crachat, 

"Tiens, regarde et prend ça..." 

 

Le nuage s'essuie avec sa grosse patte 

Et rugit de colère: 

Bien sûr, quand on ne fait rien toute la journée 

Et que l'on n'a aucun but dans la vie! 

 

Adam rigole, s?esclaffe, 

En montrant ses belles dents blanches. 

Arrive de la verte allée des pommiers 

Eve, notre mère à tous 

 

"Où étais-tu Eve, ma femme? 

Où étais-tu mon enfant?" 

"J'étais dans l'allée des pruniers 

Et je papotais avec le vent" 

 

"Tu n'étais pas dans l'allée des pruniers, 

Tu me dis vraiment un mensonge, 

Ton corps embaume la pomme, 

Ainsi que ta chevelure...." 

 

"C'est vrai, j'étais dans l'allée des pommiers, 

J'ai vraiment mauvaise mémoire" 

"Tu as bien deviné, Adam chéri 

Que Dieu te bénisse!"

 

"Que faisais-tu dans l'allée des pommiers 

Eve mon enfant adorée?" 

"Je papotais avec le serpent 

A propos du péché originel!" 

 

Et la pomme dans ses mains se met à trembler 

Et à envoyer des feux de toutes les couleurs, 

Et le crépuscule étend son ombre 

Sur leur passion mortelle 

 

Adam est fébrile, ne comprends pas 

Ce qui lui arrive, 

Pourquoi la voix d'Eve est soudain 

Si tendre et suave?! 

 

Il tend sa main tremblante vers elle 

"Que fais-tu Adam? mais que fais tu donc? 

La nuit enveloppe les deux silhouettes 

Et ...chut.... 

 

 

 

 

            ABRAHAM LE PERE SERMONNE LOTH  

 

- Loth, il me faut te dire - fi! 

Tu bois chaque nuit, tu te saoules, 

Hier encore au Cerf d?or tu fis 

Grand scandale parmi la foule!

 

                                    Passe pour Manger, tailleur à la manque, 

                                    Mais de toi ce n'est pas digne vraiment! 

                                    Il te faut élever deux filles, 

                                    Tu es grâce au Ciel un Juif opulent.

 

 Tu possèdes moutons et chèvres

Obéis-moi, le Seigneur crains! 

On dit déjà "saoul comme Loth"

De tout gentil qui boit son plein  

 

                                    Je comprend parfois que l'on trinque 

                                    A table au soir du Vendredi, 

                                    Quand du Sabbat brûlent les bougies saintes 

                                    Quand on mange poisson farci, 

 

Mais pas comme toi jour et nuit 

Un homme peut-il n'en être point las? 

Passe pour Gabriel le Chrétien du Sabbat 

Mais certes pas pour un  bon Juif ! 

 

                                    Pense à ce qu'un jour on va dire: 

                                    "Le père Abraham pour parent 

                                    Eut complet ivrogne, et c'est chose pire 

                                    Que conversion d'un croyant." 

 

Puisqu'on en parle, alors écoute-moi: 

N'es-tu point un père?- Ah quel mal j'endure! 

Rien ne te fait que fuit le marieur

Ta porte et ton seuil comme tas d'ordures? 

 

                                    Que même un quelconque enfant de tailleur

                                    Etre ton gendre ne veut point? 

                                    Vont s'argenter les tresses  de tes filles, 

                                    Tout cela pour l'amour du vin? 

 

Loth, il me faut te dire - fi ! 

Tu bois chaque nuit, tu te saoules,

Hier encore au Cerf d?or tu fis 

Grand scandale parmi la foule! 

 

                                    Passe pour Manger, tailleur à la manque, 

                                    Mais de toi ce n'est pas digne vraiment! 

                                    Il te faut élever deux filles, 

                                    Tu es grâce au Ciel un Juif opulent.  

 

                                            I. MANGER                      (Extrait de "Chansons bibliques") 

 

 

ABRAHAM, NOTRE PERE, AIGUISE LE COUTEAU

 

Sarah, coiffée de blanc

Est assise pensive

Sa joie dans son coeur est comme un vol d'hirondelle.

 

Isaac, prunelle de ses yeux 

Joue dans le sable doré.

Des montagnes proches tombe la nuit bleutée. 

 

Elle sourit: un mois déjà que Haggar est partie

Avec son bâtard Ismaël

Elle regarde Isaac et jubile. 

Est-ce un rêve ou une réalité?

Il ressemble à son père: le même nez, les mêmes cheveux.

Comme un champignon il grandit, grâce à Dieu,

 Et avec quelle candeur il dit:   "Maman, pipi". 

 

 Mais que se passe-t-il 

Avec Abraham aujourd'hui?

Il est assis seul dans la cour, 

Et aiguise sur une pierre son couteau.

 

Sa barbe grise tremble,

Et il murmure des mots bizarres: 

"Tu veux me mettre à l'épreuve, Oh Dieu, 

 Me voilà, je suis prêt". 

 

Du verger voisin les pommiers embaument,

L'odeur est portée par le vent, 

Et une douce berceuse: liou-liou-liou et a-a-a 

Endort l'enfant.

 

Et tenant le couteau dans la main

Abraham est là qui écoute 

La tendre berceuse 

Qui enveloppe la terre entière.  

 


            Haggar erre sur la route  

 

Assise sur une pierre, au milieu du chemin,

Haggar pleure, 

Accablée de chagrin, 

Et demande aux Alizés 

De quel côté se diriger. 

 

"Va vers l'Ouest" dit le premier, 

"Plutôt vers l?Est" , dit le second! 

Et le troisième, un sacré polisson,

Batifole dans ses cheveux.

 

Alors, elle s'adresse aux oiseaux 

Qui volent dans toutes les directions: 

"Va vers le Nord" dit l'un! 

"Non, vers le Sud", dit l'autre...

 

Haggar pleure: "O, notre père au Ciel! 

Moi, une servante fidèle, 

Je dois supporter à présent, 

Les moqueries des oiseaux et du vent"... 

 

 Mais voilà qu'elle lève le regard, 

Et aperçoit une caravane! 

Dans un manteau vert en brocard 

S'avance le Sultan de Turquie, 

 

Il vient tout près d'elle et lui dit: 

"Serais tu Haggar par hasard? 

La servante d'Ibrahim? 

 

Et ce tout petit enfant 

Est Ismaïl, assurément! 

Le Prophète nous a fait savoir 

 

 

Il se prosterne devant Haggar

Et  s'agenouille dans la poussière, 

"Nous avons retrouvé notre honneur, 

Allah, Allah, béni sois-tu!" 

 

Et Haggar reste émerveillée,

Doutant de la vérité. 

Tandis qu'une lune argentée, 

A dans ses cheveux scintillé!  

 

 

            SARAH CHANTE UNE CHANSON AU PETIT ISAAC  

 

Sarah, la maman berce son  enfant 

Dors, Itzrokl, petit père, dors 

Les moutons paissent dans le pré 

Et avec eux est le berger 

 

Dit un agneau: il fait jour 

Le deuxième dit: il fait nuit 

Pour preuve, Berl le mercier 

Tient sa boutique fermée. 

 

Pour preuve: de chez Dovid-Ber le forgeron

Ne sort aucun son

our preuve; Leizer le meunier, que je sache

Ne tourne devant son moulin que sa moustache. 

 

Dit le premier: non, il fait jour 

Pour preuve: dans la maison de prière du Gouene

Traité du Sabbat, à la souris est enseigné 

Par le chat tacheté.

 

Pour preuve: sur le toit du Chantre

La chèvre du tailleur s'alimente 

Et Itzrokl le petit 

Ne dors pas encore dans son lit 

 

Dit le petit berger: nou ma 

Et bien, allons tous demander 

S'il fait jour ou nuit 

A Itzroklen lui-même

 

Nou aï liou liou liou Itzrokl 

Nou aï liou liou liou dors 

Déjà se tient devant notre maison

Le berger et ses moutons 

 

Nou, petit berger silence, pas de bruit 

Tu vois bien qu'il fait nuit 

Pour preuve: Itzrokl Avinou, notre père, eh 

A enfin les yeux fermés 

 

Pour preuve: sur le pavot ont étincelé

Sept gouttes de rosée

Et la poule et le coq sur le perchoir 

Dorment car il fait noir 

 

Dit le petit berger: nou ma

Et silencieusement il marcha

Et dans sa petite flûte emporta

La chanson de maman Sarah 

 

 

            JACOB RENCONTRE RACHEL  

 

Jacob, fatigué, se traîne dans le soleil couchant 

"Là sur la gauche est une fontaine, 

C'est bien ici, assurément!" 

Il consulte son livre de la Genèse: 

"Mais oui bien sûr que c'est là! 

Alors, comment se fait-il, déjà 

Qu'elle ne soit pas encore là?" 

 

"La voila! elle accourt sur le chemin, 

Aï, mon père, avec sa cruche à la main! 

Bien plus belle que dans mon livre,

Par AACCE - Publié dans : aacce
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Dimanche 10 décembre 2006 7 10 /12 /Déc /2006 14:41

L’autre jour, je me promenais dans la rue des Rosiers. Il faisait beau. C’était un samedi matin, pendant Pessah, et la rue était tranquille. Je marchais d’un bon pas tout en sifflant un air gai dont je ne me souviens plus exactement le titre. 

 Soudain, au coin de la rue Ferdinand Duval, deux rabbins m’interpellent. Des rabbins en tenue avec chapeau, redingote et tout le reste : tenue réglementaire, quoi. Je ne les avais pas vus car ils étaient masqués par un panneau publicitaire vantant les voyages en Israël.  - Vous, là, me dit l’un d’eux. Arrêtez-vous un instant. 

 - Pardon, fis-je tout étonné. 

 - C’est pour un contrôle, renchérit le second rabbin.  

- Un contrôle ?  

J’étais abasourdi.  

- Contrôle rabbinique, reprit le premier sur un ton péremptoire et en levant vers le ciel, un doigt implacable.   

Ne me laissant pas le temps de me remettre de ma surprise, il ajouta :   

- Vous avez vu à quelle vitesse vous avancez dans la rue des Rosiers ?   

- Mais... je...  

- Et en sifflant, en plus ! Un air profane !   

Silence de ma part. La réalité dépassait l’entendement.   

Le second rabbin intervint :  

- Excès de vitesse et tapage au moment de la prière !  

- C’est une blague ? demandai-je. 

- Ne discutez pas, on vous a vu. De plus vous venez de dépasser deux hassidim en train de discuter. Vous ne savez pas qu’il est interdit de dépasser des hassidim à cet endroit ? Et tout à l’heure, au coin de la rue Pavée, que s’est-il passé ?   

- Au coin de la rue Pavée ? 

- Oui, quelqu’un vous a parlé.  

- Ah oui, c’était un hassid qui me demandait d’assister à la prière.   

- Et vous avez refusé ?   

- Mais oui, je...   

- Participer au Minian est une règle prioritaire pour un Juif qui se respecte. Refus de priorité, vous êtes dans de beaux draps !   

Et voyant que je portais sous le bras un paquet enveloppé dans du papier journal, le second rabbin ajouta :   

- Montrez moi vos papiers. 

 Je déroulai le journal et mis à jour un superbe hareng gras.   

- Vous l’avez eu dans une charcuterie juive, me demanda-t-on. 

- Oui, bien entendu.   

- Et où l’emmenez-vous ?   

- Chez un ami, rue de Turenne.  

- Alors, comme ça, reprit le premier rabbin, vous obligez un hareng juif à voyager le jour du shabbat.  

C’était hallucinant. J’avais l’impression de vivre un mauvais rêve. Le monde était devenu fou autour de moi, ou peut-être l’était-il déjà depuis longtemps, et je ne m’en étais pas aperçu. 

- Ecoutez, commençais-je. Il y a là quelque chose que je ne comprends pas bien...   

Le premier rabbin m’interrompit :   

- Oh, mais dites donc, vous avez une drôle d’haleine. Soufflez un peu pour voir.  

Je soufflai mécaniquement.  

- Ah, c’est bien ce qu’il me semblait. Odeur de pain frais ! Pendant Pessah ! Votre compte est bon, mon pauvre.   

Excédé, je fis mine de partir.   

- Oh, pas la peine de chercher à fuir. On vous suivra. Inutile d’ajouter à tout ça un délit de fuite.  - Vous allez me suivre ?   

- Oui, oui.   

Soudain, j’eus une idée. Je plongeai mes mains dans mes poches et attrapai une poignée de petite monnaie. Puis, je pris un air mi-étonné, mi-angoissé.  

- Là, vous avez vu ?   

- Quoi ? Qu’est-ce qu’il y a ? demandèrent-ils ensemble.  

- Vos mains, regardez vos mains.  

Les deux rabbins tendirent les mains pour tenter de voir ce qui n’existait pas. En un éclair, j’y déposai quelques pièces et lançai un petit salut.  

- Shalom shabbat, mes petits vieux ! Et attention, ne bougez pas d’un pas, On vous regarde, là-haut. Alors comme ça, on porte de l’argent, un jour pareil ?   

Et je m’esquivai rapidement.  

Depuis ce jour, je ralentis toujours un peu dans la rue des Rosiers, juste pour voir.

                                                                      Guy Perelman

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Dimanche 10 décembre 2006 7 10 /12 /Déc /2006 14:27

 

 Un parc, avec une grande bâtisse blanche au fond. Diverses personnes se promènent, l’air plus ou moins hagard. Des infirmières vont et viennent.

 - Monsieur, vous marchez sur la laisse de mon animal de compagnie.

 - Oh qu’il est mignon. Mais dites-moi, de quelle race est-il ?

 - Monsieur, on ne parle pas de race. Tout au plus vous pourriez dire « espèce ».

 - Soit. De quelle espèce est-il ?

 - Vous ne voyez pas que c’est un stylo ?

 - Si. Je n’osais pas le dire. Mais pourquoi un stylo ?

 - Je n’aime pas les chiens. Ca fait des saletés.

 - Celui-ci n’en fait pas ?

 - Il bave un peu de temps en temps.

- Quel est son nom, à ce joli petit stylo ?

- Waterman.

 - Waterman, Waterman. Ca ne serait pas un peu Juif ?

- Monsieur, même en France, tous les stylos ne s’appellent pas Dupont.

 - C’est exact, mais il existe d’autres noms un peu moins... typés.

 - Impossible, c’est l’année des W. Là où je l’ai trouvé, on me proposait le choix entre Waterman, Weiss, et Wishinsky.

- Et pourquoi pas Wishinsky ?

 - Vous me vexez, monsieur. Vous trouvez que mon stylo a une tête de polak.

- Non, pas vraiment.

 - Et puis, c’en est assez. Je dois rentrer. C’est l’heure de ma douche. Vous voyez, monsieur, le plus terrible, c’est que la nuit, je ne peux pas le prendre près de moi. C’est à cause de la camisole. Au revoir, monsieur.

 - Au revoir, monsieur. 

                                                                                                     Guy  Perelman   

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Dimanche 10 décembre 2006 7 10 /12 /Déc /2006 14:11

 

Moïse

 

Moïse naquit dans une famille traditionnelle de la tribu des Lévy. Pendant que son père faisait de l'import-export de schmatès, sa mère confectionnait des berceaux en osier qu'elle vendait sur le marché de Vilno. Certains produits de luxe expédiés chez Lancel ou Vuitton étaient garantis insubmersibles grâce à une couche de goudron. Mais ils étaient rares à cause de l'embargo sur le pétrole irakien.

Très jeune, Moïse fut passionné par les animaux. Il collectionnait des sauterelles, des grenouilles et d’autres bestioles au grand désarroi de sa mère qui se plaignait que ces petites bêtes étaient de véritables plaies pour elle, pour la famille, et même pour l'Egypte toute entière.

Une jeune fille au pair l'emmenait souvent au zoo de Vincennes. Un jour, alors qu'il contemplait les singes, il entendit la voix de Pharaon, sur un transistor, déclarant que tous les premiers nés d'Israël devaient être passés par l'épée. Moïse prit peur et s'enfuit à perdre haleine. La jeune fille se mit à hurler :

  - Moïse s'est sauvé du zoo, Moïse s'est sauvé du zoo !

  C'est ainsi qu'elle perdit sa trace.

  La fille de Pharaon qui passait par là un dimanche soir en rentrant de Deauville, recueillit le jeune garçon. Elle l'appela "Moïse" car il s'était sauvé du zoo. Cette allégorie est incompréhensible, à moins que ce ne soit en souvenir de Moïse Rubinstein, qui habite près du zoo à Saint-Mandé dans un appartement très clair et très propre, juste à la sortie du métro, dans une rue commerçante mais pas trop bruyante. Certains commentateurs se demandent encore aujourd’hui ce que la fille de Pharaon faisait avec un Rubinstein, dont la mère avait arrangé le mariage d'Isaac et Rebecca, mais ce n'est pas notre affaire.

 Rubinstein ou pas, la fille de Pharaon éleva l'enfant comme son propre fils. Sans le savoir, elle donna Moïse en nourrice à la propre mère de celui-ci, ce qui ne fut pas sans conséquence sur sa recherche d'identité, et sur le choix de l'objet vers lequel orienter son complexe d'Oedipe. Ce fut une période pendant laquelle Freud consomma beaucoup d'aspirine.

Moïse grandit, entouré d'affection. Plus il grandissait, plus il ressemblait à Charlton Heston - les armes à feu en moins - ce dont ses mères n'étaient pas peu fières. Toutes les jeunes filles du collège se pâmaient lorsqu'il arrivait le matin sur son char à 6 chevaux, carrossé par Bertone.

  Quant à Ramsès, prétendant au trône de Pharaon, son regard courroucé lui donnaient un faux air de Yul Brunner.

  Un jour, en état de légitime défense, Moïse tua un garde Egyptien. La bande vidéo est là pour l’attester et a été versée au dossier sous la référence 4380 AZ. Mais Edward J. Robinson, qui avait assisté à la scène, s'empressa d'en informer Yul Brunner, et celui-ci, pour le remercier, promit d'intercéder pour que le cachet soit rapidement versé par les studios M.G.M. malgré la prétendue crise du cinéma.

 Pour punir Moïse de cet acte, Ramsès l’abandonna à l'entrée du désert sans même un 4x4 et un mécanicien pour franchir l’étape du Paris-Dakar.

 Le premier soir Moïse s'endormit donc à mille milles de toute région habitée. Il était bien plus isolé qu'un naufragé sur un radeau au milieu de l'océan. Alors, vous imaginez sa surprise quand, au lever du jour, il ne vit pas le Petit Prince. Il se frotta les yeux, et se mit à blasphémer car il s'était mis du sable avec ses doigts collants de confiture.

 Et au lieu de se rendre au Club Med d’Eilat, où l’attendait madame Rubinstein, il parvint au puits de Madian.

 C'est à ce moment que se termine la première bobine du film, et que l'opérateur doit intervenir, s’il n’est pas trop perturbé par la présence chaleureuse de l'ouvreuse venue faire un brin de causette, et plus si affinités.

 Le prêtre de Madian ne possédait que des filles. Il vit donc d’un bon oeil Moïse prendre Séphora pour épouse et proposer de devenir berger. Un jour qu’il avait mené les bêtes au pied du mont Horeb, il aperçut un buisson qui brûlait mais ne se consumait pas.

 - Eurêka ! s’exclama-t-il. Depuis le temps que Séphora réclame une fausse cheminée pour notre tente, voilà la solution.

 Mais D. l’interpella :

- Moïse, Moïse !

 - Me voici, répondit le visiteur.

 - Moïse, n’approche point d’ici, car cette terre est sacrée. Ote tes sandales de tes pieds car le parquet a été ciré ce matin. Et fais gaffe, sinon madame Jehovah va encore me passer un savon.

 Moïse ôta ses sandales en grommelant :

 - Heureusement que cette foutue Histoire se passe au Moyen-Orient ! Si mes ancêtres avaient vécu en Pologne, ce serait un coup à attraper une pneumonie.

De là vient l’origine du fait que les Musulmans se déchaussent dans les mosquées, alors que les Juifs ashkénazes se couvrent d’un châle et d’une kippa dans des synagogues pas très bien chauffées.

 Puis le dialogue s’instaura avec D., le premier d’une longue habitude :

 Moïse : Qui me parle ?

 D. : Je suis le D. de ton père, le D. d’Abraham, le D. d’Isaac et le D. de Jacob.

Moïse : Ca va comme ça, Tu ne vas pas me refaire toute l’Histoire.

D. : En tout cas, les plaintes des Hébreux sont parvenues jusqu’à Moi.

Moïse, en aparté : On dira ce qu’on voudra, l’Administration c’est long, mais rien ne se perd.

 D. : Va, je t’envoie auprès de Pharaon afin de faire sortir mon peuple d’Egypte.

 Moïse : Euh, ça ne peut pas attendre demain ? Ce soir, il y a un match de foot à la télé. Et si tu envoyais un fax, tout simplement ? De toute façon, quand je serai là-bas, s’ils me demandent ton nom, que répondrai-je ?

D. : Je suis qui Je suis, un point c’est tout.

Moïse : Ah non, c’est un peu court jeune homme. C’est pas suffisant. Ca passerait mieux avec la photocopie de Ta carte d’identité, une fiche d’état civil, deux photos et un justificatif de domicile.

D. : Va, Moïse, et arrête de me les gonfler, sinon j’envoie quelqu’un d’autre.

Moïse se présenta donc devant Pharaon avec son frère Aaron.

- D. m’a envoyé vers toi. Laisse sortir mon peuple d’Egypte afin qu’il aille fêter son D. dans le désert.

Yul Brunner lui fit un clin d’oeil :

- Arrête ton char, Moïse, déjà quand on était petits tu inventais n’importe quoi pour me piquer mes légo. Et puis, le désert, je n’ai que ça en Egypte, pourquoi iriez-vous ailleurs chercher ce que vous avez sous la main, sous les pieds, dans les yeux, les oreilles et les narines ?

 - Puisque c’est ainsi, je vais réaliser des prodiges que D. m’a appris. Tu vas voir que tu seras épaté.

 Aaron qui était très facétieux, renchérit :

 - Epaté... pur porc, comme ìl se doit.

Moïse jeta à terre le bâton qui devint serpent.

 - Fastoche, rigola Ramsès. J’ai vu le même tour hier soir au Cirque de Moscou.

- S’il n’y a que ça, j’en connais d’autres.

Et Moïse changea l’eau du Nil en sang. Il faut remarquer que ce ne fut pas facile pour les techniciens des effets spéciaux, car le film date de 1956, et ils n’avaient pas les mêmes moyens techniques que Spielberg.

Encouragé par son succès, Moïse poursuivit son spectacle sans même faire d’entracte. Il y eut l’invasion des grenouilles, puis les moustiques, les taons, la mort du bétail (ce qui n’a pas été simple non plus car la vache du premier plan avec la tache entre les cornes refusait de rester allongée pendant les prises de vues), puis les ulcères, la grêle, les sauterelles et enfin, les ténèbres, le plus facile car il suffisait de fermer le compteur EDF.

Il y eut de nombreux rappels. Moïse revint sur la scène :

 - Tout spécialement pour Pharaon, je vais réaliser mon dixième et dernier prodige.

Et tous les premiers nés d’Egypte moururent. Et Pharaon ne trouva pas ça drôle, car son fils se trouvait dans la liste. Il se leva, et joignant le geste à la parole, il cria :

- Sortez d’ici, prenez tout ce que vous voulez et tirez vous.

Et c’est ainsi que le peuple d’Israël sortit d’Egypte, et il n’y revint que pour l’affaire de Suez.

 Et pendant que le projectionniste mettait une nouvelle bobine, l’ouvreuse rajustait son corsage et se passait un coup de peigne.

 Malgré la liberté retrouvée, tout n’était pas facile pour les 600 000 réfugiés (chiffre communiqué par les organisateurs, la Préfecture de Police n’étant pas tout à fait d’accord).

 L’ONU était débordée, et Médecins sans Frontières attendait les sacs de riz envoyés par erreur en Somalie.

 Conscient qu’il y avait encore une bonne heure de film à remplir, Pharaon appela les meilleurs gagmen d’Hollywood et ceux-ci eurent la bonne idée de poursuivre les Israélites. Bien leur en prit, car la meilleure scène était encore à venir et devait décider du succès de cette histoire.

 Arrivé devant la mer, Moïse leva solennellement le bâton vers le ciel... et contre toute attente, rien ne se produisit. Mais le gardien du parking du mont Saint Michel sortit de son guichet :

 - Qu’est-ce que vous voulez ?

- Euh, vous avez l’heure des marées ?

- Adressez-vous au Syndicat d’Initiatives. En attendant, vous me devez 4 Euros parce que votre chameau est sur un emplacement, et toute heure commencée doit être payée.

 Et pendant que Moïse sortait un billet de 20 Euros en réclamant la monnaie, D. fit souffler un vent de tempête, et la mer s’ouvrit, et le billet s’envola, et tous les Juifs se précipitèrent pour le rattraper.

 Et c’est ainsi que le peuple d’Israël traversa la mer rouge.

Les troupes de Pharaon arrivèrent à cet instant et s’engagèrent à leur tour. Mais les chars étaient bien trop lourds, surtout les AMX30, et ils s’enlisèrent au milieu des parcs à huîtres et des moules de bouchots.

C’est depuis ce jour que les fruits de mer sont proscrits de la nourriture sainte, par crainte d’y rencontrer des bouts de fer rouillés et des restes de soldats non cashers.

 Moïse naquit dans une famille traditionnelle de la tribu des Lévy. Et pendant que son père faisait de l’import-export de schmatès, la salle se mit à siffler, et le projectionniste se rendit compte qu’il s’était trompé de bobine.

 - Ecoute Sylvette - Sylvette, c’est le petit nom de l’ouvreuse - je ne sais plus ce que je fais. Tu me retournes la tête.

 Et après une courte interruption de l’image, le peuple d’Israël arriva au pied du mont Horeb.

 Vous noterez que cela est un raccourci préjudiciable à l’Histoire (avec un grand H) car, pour une fois qu’on pouvait voir les Juifs souffrir pendant 40 ans en traversant le désert, on aurait pu se rendre compte que ce n’est pas facile tous les jours d’être un peuple élu.

                                                                                              Guy Perelman

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Dimanche 10 décembre 2006 7 10 /12 /Déc /2006 09:54

 

Chanson populaire publiée par M. Kipnis en 1918 dans Populerste folks-lider. Kipnis affirmait que cette chanson, originaire de Vilno, se référait à Yoshkè, célèbre membre de la pègre, qui terrorisait les marchands Juifs sur la place du marché. Quand la guerre Russo-Polonaise éclata en 1904, et que Yoshkè partit au front, les Juifs, ravis, en firent une chanson. 

Koyf mir nit keyn lokenes 

Un makh mikh nisht sheyn ; 

Koyf dir a por shtivelekh 

Tsum priziv darfstu geyn. 

Refrain

   Oy, oy, oy, oy, 

   Yoshke fort avek ;

   Nokh a sho un nokh a sho, 

   Der peyezd geyt avek! 

 Zay zhe mir gezunt, 

Mayn tayere kale, 

Nokh dir vel ikh benken, 

Mer vi nokh ale. 

    Oy, oy, oy, oy, 

   Yoshke fort avek , 

   Nokh a kush un nokh a glet, 

   Der poyezd geyt avek. 

 

Di ban iz shoyn gekumen, 

Un es khapt mikh on a shrek! 

Lomir zikh gezegenen, 

Der poyezd geyt avek.  

 

Klog zhe nisht un veyn zhe nisht, 

S?iz altsding blote, 

Ikh vel zayn bay fonyen

Der shenster in der rote. 

 

(Pour ceux qui n'ont pas encore eu le temps d'apprendre le Yiddish, voici en quelques mots:  

 

-Ne m'achète pas de cadeaux, et ne me demande pas de paraître jolie, mais achète toi une paire de bottes parce que tu dois partir à l'Armée. Oh! Yoshke s'en va. Encore une heure, et encore une heure, -Le train s'en va, sois en bonne santé ma chère fiancée, tu me manquera plus que tout. Le train s'en va et je suis pris de panique. Disons nous au revoir, le train s'en va. Ne te plains pas et ne pleure pas. Ce n'est rien, quand je serai dans l'armée du Tsar je serai le plus beau de la Compagnie?

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Dimanche 10 décembre 2006 7 10 /12 /Déc /2006 09:53

  

 

                                               YIDL MITN FIDL

 

Paroles du poète Itsik Manger (1901 ? 1969) musique de Abraham Elistein (1907 ? 1963) pour le film éponyme avec Molly Picon. Le refrain est sur le même air que celui d?une vieille chanson populaire Tsen brider (Dix frères)

Iber felder, vegn,

Oyf a vogn hey, 

 Mit zun un vint un regn,

Forn klezmer tsvey.

 

A khidesh, oy, à khidesh,

Zogt, ver zaynen zey? 

 Refrain

 Yidl mint fidl,

Arye mitn bas,

Dos lebn iz a lidl,

 To vozhe zayn in kas?

 Hey, Yidl, fidl, shlmidl, hey,

 Dos lebn iz a shpas.

 

 A tsig shteyt oyf der lonke

 Un meket troyrik: me!

Hey, du tsig, du shoyte,

 

Troyrik zayn iz fe !  

 

Shoklt er dos berdl,  

 

Take, take, fe!  

 

A foygl flit:- gut morgn,  

 

Gut morgn, a gut yor!  

 

Der troyer un di zorgn  

 

Tsu alde shvartse yor!  

 

Dem vint a lakh in ponem,  

 

Un Yidl, Yidl, for!  

 

Pour ceux qui n'auraient pas encore eu le temps d'apprendre le Yiddish,(ou qui l'auraient oublié) voici en quelques mots:- Par les champs et les routes, sur une charrette à foin, par soleil, vent ou pluie, deux klezmers voyagent. Quelle surprise, dis moi qui ils sont? Yidl avec son violon, Arye avec son violoncelle. La vie est une chanson, alors pourquoi être de mauvaise humeur? He! Yidl, violon, la vie n'est qu'une plaisanterie! Une chèvre se promène dans un pré, et bêle tristement:- Meh! Etre triste, c'est bête! Et elle remue sa barbiche. En effet, c'est triste!- Un oiseau vole - Bonjour à vous, et bonne année, ne vous consumez pas de tristesse et de soucis! Riez, riez au vent, Yidl?     

 

 

 

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Dimanche 10 décembre 2006 7 10 /12 /Déc /2006 09:52

INCONTOURNABLE ....

                               (Lew Pollak-Jack Yellen) 

 Ver Bashikt un bahimrt dos kind   

 Vi dos shvartzapfl fun oyg ?

 Ver shloft nit durkh di lange nekht 

 Ven es filt ir kind zikh shlekht ?

 Af dem tzu entfern iz nit shver

 Un yeder veys gevis

 Der nomen is undz zeyer tayer

 A mamenyu dos iz 

 

 Refrain 

 

  A  yiddische mame

Zi makht dokh zis di gantze velt

 A yiddische mame

Oy vey, vi bitter ven zi felt

Ir darft dokh danken Got

Vos ir hot ir nokh ba zikh

 Oy vey, vi troyerik es iz

 Ven zi geyt avek tzu gikh 

 In vasser In fayer

Vilt zi gelofn far yikh kind

 Nisht haltn ir tayer

 Dos is gevis di greste zind

 Oy vi gliklikh un raykh

 Iz der mensch vos hot

 Aza sheyne metoune geshenkt foun Got

 Aza altinke yiddische ame

 Mame mayn 

 

 Ver gliklekh is nor vi a mame

Ven dos kind af di fis zikh shtelt

 Ver sholem vil nor, vi a mame   

 

  Zol shaynen af der velt  

 

  Es zoln bombe mer nit shrekn  

Iz ir grester vuns 

  A mame vil dos kind zol vaksn

 Un zol zayn gesunt 

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Dimanche 10 décembre 2006 7 10 /12 /Déc /2006 09:51

 

(M. Gebirtig )

 

 

Shlof zhe mir shoyn Yankele mayn sheyner 

Di eigelekh di shvartsinke makh tsu

 

A yingèlè vos hot shoyn alè tseyndelekh  )

Mouz nokh di mamè zingen ay lou lou     )  bis

A yingèlè vos hot shoyn alè tseynelekh

 Oun vet mit mazl bald in kheyder geyn

 Oun lernen vet er khoumesh oun gemoïrè  )

 Zol veynen ven di mamè vigt im ayn ?       )  bis

 A yingèlè vos lernen vet gemoïrè

 Ot shteyt det tatè kvelt oun hert zikh tsou

 A yingèlè vos vakst a talmed-khokhem          )

 Lozt gantse nekht der mamè nisht tsou rou ? ) bis

 A yingèlè vos vakst a talmed khokhem

 Oun a geniter soykher oykh tsou glaykh

 A yingèlè  a kliger khosn-bokher  ) 

Zol lign azoy nas vi a taykh ?        ) bis

 Nou shlouf zhe mir mayn kliger khosn-bokher

 Dervayl ligstou in vigèlè bay mir.

 S?vet kostn nokh fil mi oun mamès trern )

 Biz vanen s?vet a mentsh aroys foun dir. ) bis  

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