AGENDA

A noter :

PROJECTION-DÉBAT

L’AACCE et le Centre Medem Arbeter Ring présentent

NOUS ETIONS DES ENFANTS…   

Vendredi 9 mars 2012 à 20h30

au Centre Medem-Arbeter Ring 52 rue René Boulanger 75010 Paris

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L’AACCE VOUS INVITE

à rencontrer

Ivan JABLONKA

Autour de son livre :

Histoire des grands-parents que je n’ai pas eus.

Vendredi 16 mars 2012 à 20h30

dans les locaux du Farband, situés au 5 rue des Messageries Paris 10e

à quelques pas du 14 rue de Paradis

 

 

 

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Présentation





Association des Amis
de la Commission
Centrale de l'Enfance

La ville de Radom est située au coeur de la Pologne , à 100 kms environ au sud de la capitale sur la ligne de chemin de fer Varsovie-Cracovie. La ville est entourée de forêts séculaires, d’immenses potagers et de vastes champps nourris par les rivières Radomka, Mleczna ainsi que par la Vistule , qui traverse toute la Pologne du Sud au Nord.

 Quelques repères

On trouve les premières traces de la ville au tournant du 8ème siècle, elle se développe sous le règne de Kazimir le Grand, le château est la résidence des rois de Pologne, et surtout sous la dynastie des Jagellon au 15ème siècle.

 Les premiers indices de la présence d’une communauté juive datent de 1568.

 Elle s’y est peu à peu développée, malgré toutes sortes de contraintes, d’arrêtés d’expulsions,jusqu’à ce que le “ droit de séjour” ait été aboli.

 L’administration de la Communauté était composée de Conseillers élus parmi les contribuables, qui comprenaient entre autres un rabbin et trois juges.

 Vers le milieu du 19ème siècle,le mouvement de la Haskalah , inspiré de la philosophie des Lumières, qui voulait lutter contre l’obscurantisme et les préjugés, pénétra en Pologne.  A Radom, ce fut un certain Jehouda Liberman, qui apporta ces idées nouvelles, il ouvrit une librairie, fonda une école moderne . Mais rapidement deux camps s’affrontèrent, ceux qui s’opposaient à tout changement dans la vie traditionnelle juive, et ceux qui étaient pour les réformes. Liberrmann fut boycotté par les hassidim, ils interdirent tout commerce avec lui, finalement il fit faillite et s’enfuit avec sa famille.

 Des juifs de Radom sympathisèrent avec le mouvement national polonais et participèrent à la révolte de 1863 contre la domination tsariste.

 Lorsque la Pologne devint indépendante, après la guerre de 1914, elle se dota en 1921 d’une Constitution qui garantissait les droits et les devoirs égaux à tous les citoyens sans distinction de confession ou de nationalité.

 Dans les faits, une politique de discrimination persista, tant dans le domaine économique que politique. Bien que représentant de 30 à 50% de la population, ils ne furent jamais représentés en proportion de leur nombre dans la cité.

 On sait que cette politique d’exclusion et de discrimination fut même accentuée  à partir de 1936, sous le gouvernement réactionnaire et antisémite de Pilsudski.

 A la veille de la guerre, on comptait 30.000 juifs à Radom. Plus de la moitié de la population était employée dans l’industrie et l’artisanat. Radom possédait, après Varsovie les plus grandes tanneries, 70% de cette industrie était aux mains des juifs.

 Ils travaillaient aussi dans l’industrie du fer et du bois, et dans un grand nombre de commerces, ils fondèrent une banque commerciale juive, les banques polonaises refusant de prêter aux commerçants juifs.

 Comme dans la plupart des villes et bourgades de Pologne,se créèrent et se développèrent à Radom,au tournant du siècle, de multiples organisations, politiques, professionnelles, culturelles et sportives.

 Le Poale-Zion mouvement sioniste de gauche, dont le yiddish était la langue fut particulièrement actif à Radom. A  travers des activités considérées comme légales, comme les cours d’enseignement du soir, il put mener une activité idéologique et politique. Cependant le gouvernement polonais, fit tout ce qu’il pût pour démanteler le mouvement en introduisant des provocateurs, l’école et la bibliothèque furent fermées, des militants arrêtés.

 Radom eut aussi un grand rôle dans la naissance du sionisme religieux, le Misraki qui menait une propagande religieuse en vue de l’émigration en Palestine.

 Les années 20 furent des années de luttes, de manifestations, de grèves, parmi les travailleurs juifs, menés parfois conjointement avec les ouvriers polonais, impulsées par le Bund et le Parti communiste.

  En 1925, une vague de répression s’abattit, des arrestations eurent lieu parmi les travailleurs, par suite de la dénonciation d’un ouvrier en chaussures, Bochner, qui avait été envoyé à Radom pour espionner le mouvement communiste. Il ”travailla “ pour la police pendant trois ans, jusqu’en Août 1928, quand il fut abattu sur l’ordre du parti communiste.

 L’année 1929 fut aussi une année de grande répression, il y eut des vagues d’arrestations de militants de tous bords.

Le 8 Septembre 1939 les allemands occupèrent Radom. Ils exigèrent dès le mois d’Octobre des listes de recensement de tous les juifs. En décembre, une ordonnance interdit aux juifs de quitter la ville sans permission spéciale, ni de vendre leurs maisons et leurs biens.
C’est le  8 Avril 1941 que fut créé le ghetto, en fait deux ghettos, le grand celui de Glinitze, le petit celui de Walowa.

Dès lors ce fut la terreur de masse, dont l’action du 27 Avril “le Mercredi sanglant”.

C’est du 2 au 17 Août 1942, qu’eurent lieu toute une série d’exactions qui aboutirent à la déportation de 20 000 juifs vers Treblinka.

 En Mars 1943, le ghetto fut complètement détruit, les ruines furent vendues comme matériau de construction.

 Radom aujourd’hui.

 Comme le dit Robert Bober dans son film  “Sans ses 33 000 juifs Radom semble être un décor”.
C’est l’impression que j’ai ressentie lorsque je m’y suis rendue, à la recherche de traces de ma famille paternelle. Dans le centre ville, des maisons à deux ou trois étages aux balcon en fer forgé, des cours intérieures verdoyantes, la grande place du Rynek silencieuse, où tinte toutes les heures la cloche de l’église et du couvent voisin. Ni synagogue, ni cimetière, ni musée.

 C’est sur cette place du Rynek que se trouve le bâtiment des Archives municipales. J’avais pris rendez vous de Paris, et l’archiviste a bien voulu exhumer pour moi un vieux registre où figuraient en effet toute une liste de noms de ma famille, certains en caractères cyrilliques, la Pologne étant sous administration tsariste jusqu’en 1917. A vrai dire, entre la transcription des noms du cyrillique ou même du polonais, j’ai du mal à m’y retrouver. Je reconnais certains prénoms, d’autres me restent inconnus. Mais ces noms calligraphiés sur un  registre me restituent une présence. L’archiviste me montre également, d’autres documents, des ausweiss  sortes de fiches d’identité avec une photo, établis par les autorités juives en 1941 qui concernent des membres de ma famille. Et même la trace d’un avis de recherche par les gendarmes, concernant mon père, qui ne serait pas présenté au service militaire.

 Je retrouve aussi dans les archives, le nom de la rue où mon père a vécu, et miracle, elle existe toujours. C’est la rue Zytnia, une toute petite rue qui part de la place centrale, le Rynek, avec tout juste quelques maisons, entrecoupées de jardin. Le numéro 7, celui de leur maison, est tout au bout, c’est un petit bâtiment de quatre étages gris ciment, triste et anonyme. Je n’essaye pas d’y pénétrer.

 Aucun des catalogues, relativement luxueux, destinés aux touristes, ne mentionne même le mot de juif.

 Pour évoquer Radom, reste le Izkher Bukh, le Livre du Souvenir, où ont été recueillis les témoignages de ceux qui y ont vécu ou qui ont survécu.

 Louisette Kahane                
  

                     Kowel - Kowle - Kovla

         (à la demande de Danielle Hazanavicius)

 On trouve des traces de Juifs à Kovel depuis le 16°siècle. Au gré des différents démembrements de la Pologne , cette ville fût successivement Ukrainienne, Polonaise en 1569, Russe après la 3°partition de 1795, Polonaise de 1921 à 1945 et de nouveau Ukrainienne aujourd'hui. Située au Nord Ouest, sur la rivière Tura, dans la Région administrative de Volyn qui jouxte la Biélorussie. Au 17°siècle les juifs de Kovel ont eu à subir les pogroms des cosaques dirigés Chmielnicki. A la fin du 18°siècle on comptait une petite communauté de 800 âmes soit environ 40% de la population. Ce pourcentage ne cessa de grandir, en 1897, 8 500 juifs, soit environ la moitié de la population. En 1919, lors de la guerre civile qui succéda à la Révolution Bolchevique , les soldats de l'Armée Blanche procédèrent à un immense pogrom sous la direction du Général Haller. Puis, redevenue polonaise, ce fût le calme jusqu'à la veille de la seconde guerre. En 1939 sur les 33.000 habitants de cette ville on comptait 17.500 juifs. En 1941, constitution du Judenrat et début de l'extermination par les Allemands, qui se termina le 22 juin 1942. La libération de la ville intervint le 7 juin 1944. On comptait alors moins de 250 survivants qui petit à petit émigrèrent en Israël et en Argentine. 

                                       Loulou         

 

     

 

                             (Kelts, Keltz, Kilts, Kiltz)

          (Populations en 1939: 48.000 habitants dont 50% de juifs)

 Pendant sept siècles, jusqu’en 1789, Kielce fût la propriété des évêques de Cracovie et les juifs étaient bannis de la cité. Ils y furent admis en 1818 mais ce n’est qu’en 1868 que les autorités tsaristes reconnurent officiellement une communauté juive dans la cité. Les juifs prirent des métiers relatifs aux ressources naturelles, l’économie de la ville étant basée sur la métallurgie et les mines. Pendant la période de l’entre guerre, Kielce était connue pour son solide système d’éducation juive et sa grande bibliothèque sponsorisée par l’organisation culturelle sioniste Tarbut. En avril 1941, les nazis créèrent un ghetto à Kielce dans lequel furent enfermés les juifs des environs ainsi que 1.000 juifs de Vienne. Les 27.000 habitants du ghetto furent rapidement réduits à la famine, et décimes par exécutions et une grande épidémie de typhus. En août 1942 le ghetto fût liquidé et les survivants expédiés à Treblinka. Après la guerre, Kielce fût le théâtre d’un fameux pogrom. La ville comptait 201 habitants juifs (alors que le recensement de 1938 estimait leur nombre à 18 083) Le 4 juillet 1946, répondant à la rumeur selon laquelle un enfant chrétien avait été assassiné par des juifs, une foule attaqua une résidence pour survivants de l’Holocauste tuant 42 juifs et en blessant plus de 100. La milice et les militaires participèrent à la tuerie et au pillage, y compris la troupe appelée en renfort par les autorités.  L'évêque de Kielce, Mgr Kaczmarek n'eut pas un mot pour condamner le pogrom pas plus que le cardinal Hlond: tous deux exprimèrent l'avis qu'il s'agissait d'une réaction normale à l'ingérence des Juifs dans la vie polonaise. Quant au clergé de Kielce, il refusa ostensiblement d'assister aux funérailles des victimes.  Ce pogrom précipita l’émigration de 80 000 survivants juifs hors de Pologne.  

 Synagogue ul. Warszawka 17 : construite en 1903, actuellement Archives d’Etat

Mémorial commémorant les Polonais ayant aidé des juifs pendant la guerre inauguré en 1996.

 Ul. Pakosz Dolny : monument commémorant les victimes du pogrom de 1946

                                                                            Loulou             

 

                                               (Chenstokhov, Tshenstokhov)

                             Population en 1939 : 129.486 dont 22%de juifs

 Le lieu Saint de la Vierge Noire de Jasna Gora à Czestochowa est le site le plus sacré pour les catholiques de Pologne vers lequel des milliers de pèlerins convergèrent depuis le 17°siècle. Les juifs n’y furent pas organisés en communauté avant 1808. Les juifs jouèrent un rôle important dans le développement de l’industrie et le commerce et furent particulièrement actifs dans les mines, la métallurgie et la production de souvenirs religieux chrétiens. Pendant l’entre deux guerres ces activités focalisèrent des protestations antisémites dans les milieux nationalistes et dans l’Eglise obligeant beaucoup de juifs à se reconvertir dans la production de jouets.

  Quand les Allemands entrèrent à Czestochowa, le 3 septembre 1939 les juifs furent immédiatement soumis à un régime de terreur faisant des centaines de victimes pendant les premiers jours de l’occupation. Des milliers de réfugiés affluèrent dans la ville de toutes parts de l’ouest de la Pologne. Un ghetto fût imposé en avril 1941. Entre le 23 septembre et le 5 octobre 1942 près de 39.000 juifs furent déportés à Treblinka ; 2.000 autres furent fusillés en ville. Une Organisation Unie de Combat dirigée par Mendel Fiszlewicz fût formée en décembre 1942 et organisa une résistance armée en ville et des unités de guérillas dans les forets environnantes. En juin 1943 le ghetto de Czestochowa fut liquidé, la plupart des survivants furent transférés dans des usines de travaux forcés. Après la guerre quelques juifs retournèrent pour essayer de rebâtir une communauté mais la plupart quittèrent la Pologne.  

 Cimetière juif : ul. Zlota, font au 18°siècle, plus de 1.000 pierres subsistent.

 Mémorial de l’Holocaust ul. Kawia 20-21 commémorant les juifs tués pendant la liquidation du ghetto le 24 septembre 1942                                                                                                                                             Loulou

 

  

                                                 (Chelem, Khelm)

 Population en 1939 : 31.000 dont 50% de juifs (68 km à l’est de Lublin)

 La ville a une riche histoire datant de 1442. Au dix septième siècle Chelm était un important centre de commerce et d’exportation de cuirs et textile spécialement de laine et de lin. En 1648 la ville fût ravagée par les bandes de cosaques de Bogdan Chmielnicki qui massacrèrent les juifs dans toute la région. Vers la moitié du dix neuvième siècle une importante communauté hassidique fut fondée en ville. Vers 1920, Chelm prit un grand essor économique grâce à l’arrivée du chemin de fer.

 Les Soviets occupèrent brièvement Chelm en septembre 1939, quand ils se retirèrent, plusieurs centaines de jeunes juifs quittèrent également la ville fuyant l’arrivée des allemands. Le 1er décembre 1939 les nazis déportèrent 1.800 hommes juifs vers la ville de Sokal. En route en abattirent 1.400. En mai et novembre 1942, la plupart des juifs survivants furent déportés au camp de Sobibor. Quand les armées soviétiques arrivèrent en juillet 1944, ils ne trouvèrent que 15 survivants.

 Cimetière juif ul. Staroscinska fondé au seizième siècle. Il reste une centaines de pierres tombales. Le lieu est transformé en parc. La vieille synagogue datant de 1914 est actuellement utilisée comme club technique.

                                                         Loulou

 

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