Association des Amis
de la Commission
Centrale de l'Enfance
ASSOCIATION DES AMIS
DE LA COMMISSION CENTRALE DE L'ENFANCE
SOIREE RENCONTRE
TRANSMISSION
avec
Régine Robin
Sociologue, écrivaine, yiddishiste convaincue, historienne…
mais aussi enfant de l’AACCE
VENDREDI 26 MARS 2010
à 20h 30
14, rue de Paradis Paris 10e
Environ 400 grammes de restes de pain.
Le détremper dans du lait. Le presser et le mettre sans un récipient.
Ajouter: une grosse pomme boskop ou canada, coupée en petites lamelles très fines.
Bien homogénéiser en triturant à la main, une poignée de raisin sec, du sucre (selon goût), un peu d'huile, un oeuf, de la canelle, homogénéiser à nouveau avec une cuiller de préférence.
Etaler la préparation dans un moule à manquer ou un plat en verre ou porcelaine à feu préalablement graissé.
Mettre à four chaud, environ 5 minutes, puis baisser la température (thermostat 8/7) environ 45 minutes.
Rachel
| Ne pas faire de trop petites quantités. Par exemple, pour 4 kg. Grosse poitrine de boeuf désossée piquer d'ail, mettre dans un grand récipient contenant: eau, ail, thym, oignon, laurier, 4 clous de girofle, une poignée de gros sel. Il faut que la viande soit recouverte. Poser sur la viande un plat avec des poids. Retourner la viande, matin et soir, tous les jours. Au 3ème jour, frotter la viande avec 50 grammes de salpêtre (nitrate de potassium). Remettre dans la saumure plus les poids et continuer à retourner matin et soir. Après 6 jours en tout, rincer la viande, jeter la saumure. Faire cuire comme un pot-au-feu avec les mêmes ingrédients que pour la saumure plus quelques carottes en rondelles. Attention au sel, car la viande est déjà salée. Cuire une heure et demie à la cocotte minute (3 heures dans une casserole ordinaire). Se mange chaud, tiède ou froid. Il n'y a pas de colorant, ni de conservateur ! |
Rachel
- 2 pieds de veau dont on fait retirer l’os médian.
- Les cuire dans de l’eau avec : sel + grains de poivre + laurier + thym + un oignon + ail, pendant 2 heures à 2 heures ½ en casserole normale ou une heure en autocuiseur.
- Sortir la chair par petite quantité et la débarrasser des os. La hacher menu sur une planche à découper avec un hachoir à main (avec un robot on obtient une infâme bouillie : nos grand-mères savaient ce qu’elles faisaient, et de toute manière elles ne connaissaient pas le robot…)
- Mettre ce hachis dans un plat creux.
- Passer le jus au chinois et en rajouter dans le plat de façon à bien mélanger le hachis. Le niveau du liquide ne doit pas dépasser de beaucoup la hauteur du hachis (sinon le gel serait trop mou).
- Rajouter de l’ail coupé très fin. Rectifier l’assaisonnement. Remélanger le tout
- On peut déposer à la surface de fines tranches de citron, ou pour ceux qui aiment de fines tranches d’œuf dur.
- Mettre au réfrigérateur au moins 12 heures.
Ce gel se découpe en cubes de taille désirée, que l’on peut manger avec un filet de vinaigre ou de la moutarde ou évidemment du raifort (…haïn). Rachel
- Des foies de poulet (ce sont les plus moelleux)
- Le double de poids d'oignons
- 1 œuf pour 100g. de foie
- Eplucher et émincer les oignons
- Les faire revenir dans une poêle avec un peu d'huile. Remuer de temps en temps. Pendant ce temps, émincer les foies.
- Quand les oignons commencent à blondir, mettre les foies émincés dedans. Mélanger.
- Au fur et à mesure que le foie cuit, écraser à la fourchette foie et oignons (ne pas le faire au mixer, les oignons rendraient l'ensemble trop liquide).
- Continuer à écraser pendant la cuisson, jusqu'à obtenir un mélange homogène.
- Assaisonner selon goût : sel, poivre.
- Laisser refroidir
- Faire durcir les œufs - les écaler et les écraser à la fourchette.
- Les rajouter à l'ensemble foies-oignons.
- Mélanger encore, tout en écrasant l'ensemble, et toujours à la fourchette.
- Rectifier l'assaisonnement.
- Mettre au réfrigérateur.
- Sortir le pâté un peu avant le repas : il se mange froid mais non glacé.
Remarque: Si vous suivez scrupuleusement la mise en œuvre ; vous obtiendrez le meilleur "Gehacté leibéleh" qui soit : car je tiens cette recette de ma mère... . Rachel
Pour les nostalgiques , et pour les nouveaux lecteurs , nous vous proposons un exemplaire ancien de "La Lettre" dans sa version "in-extenso" . Pour vous inciter à vous abonner . (!?)
N° 36 Novembre 2001
Comment reconnaïtre un vrai “yid” ? Trois choses le déterminent. Il s'agenouille debout. Il crie sans voix. Il danse immobile. (Contes du Yiddishland, de Ben Zimet.)
EVENEMENT ASSISES DES ASSOCIATIONS JUIVES LAÏQUES
Nous serons tous, sans exception, présents aux Rencontres nationales des associations juives laïques de France. A l'occasion des Assises du Judaïsme Laïque, dont vous trouverez les détails ci-dessous, Serge Blisko, député et Maire du XIIIe arrondissement de Paris et ancien de la C.C.E, a bien voulu répondre à nos questions sur la laïcité et le judaïsme. Nous le remercions sincèrement.
ACCE : Certains estiment que se définir comme juif et laïque n'a pas de sens ? Qu'en pensez-vous?
Serge Blisko : Même si cela n'a pas de sens, des milliers de personnes se définissent comme telles. C'est le regard qu'elles acceptent de soutenir. Il faudrait cesser de faire croire que la France est uniquement constituée d'adeptes de religions, grandes ou petites. Il faut reconnaître qu'il y a une pluralité de manières d'être, sans comme le Bund revendiquer une minorité communautaire. Des milliers de Juifs sont venus en France car pouvaient y être à la fois juifs et laïques, dans le sens de non religieux. C'est bien sûr une définition négative et je le regrette. Mais quel contenu positif peut-on lui donner ? La langue n'existe plus, 95 % des Juifs laïques ne parlent que le français. Cela ne passera pas par le yddish. Je ne peux pas me reconnaître dans les prises de position des instances comme le Consistoire ou le CRIF. Ni, également, dans l'image que les média renvoient de nous en n'interrogeant, par paresse, que la rue des Rosiers. J'espère que ces Assises apporteront quelques réponses.
ACCE : Pouvez-vous nous dire ce que représente, pour vous personnellement et en tant qu'élu, la laïcité ?
Serge Blisko : La laïcité française est en crise à cause des revendications minoritaires, communautaristes. Elle est à bout de souffle. Elle devrait être plus ouverte alors qu'elle exclut, plus qu'elle n'intègre. Depuis environ vingt ans de fortes tensions sont apparues, par exemple à propos de la nourriture dans les écoles. Il faut être pragmatique, voir au cas par cas. A force de tout nier nous allons aboutir à des écoles séparées en fonctions des religions. Il faut que les jeunes se sentent respectés dans leurs convictions. La décision du Conseil d'Etat fut une bonne réponse à la question du " foulard ". Il a accepté le foulard, pas la dispense de cours. La preuve que les règles excluent c'est que les filles musulmanes, dont on sait les difficultés qu'elles rencontrent dans leur environnement familial, sont, si on ne s'ouvre pas, exclues de l'enseignement.
ACCE : Mais est-ce que cela ne favorise pas les groupes organisés au détriment des individus ?
Serge Blisko : Si bien sûr. L'institution doit anticiper. Elle doit prévenir les problèmes et apporter des solutions acceptables. Comment maîtriser le communautarisme ? En réaffirmant le principe fondamental de l'accueil de tous sans gêner personne. Je reconnais que c'est difficile. Jules Ferry avait donné comme instruction aux instituteurs ; il faut que les enfants trouvent à l'école une morale qui corresponde à toutes les familles. Il faut trouver le dénominateur commun autour de l'égalité des sexes, de la liberté d'opinion et de la liberté de critique. Ceux qui sont hors du consensus doivent alors aller hors de l'enseignement public. Je ne suis pas pour le culturalisme. Il doit exister des interdits, peu nombreux mais fermement appliqués. Par exemple refuser tout dossier de naturalisation dans les cas de polygamie ou d'excision, qui sont d'ailleurs des revendications qu'on retrouve dans le discours des hommes. A
CCE : Existe-t-il des lieux où on travaille cette question de la laïcité ?
Serge Blisko : Il y a eut un très bon colloque de la Ligue des Droits de l'Homme et un travail de la FCPE. Mais il faut reconnaître qu'on ne travaille pas assez ce sujet. Beaucoup n'aiment pas être dérangés dans leurs certitudes. Quand il y a des attentats on réunit les autorités religieuses, pas obligatoirement ceux qui représentent les laïques.
ACCE : Accueillir dans votre Mairie les rencontres nationales du judaïsme laïque signifie quoi pour vous ?
Serge Blisko : Les Mairies sont des lieux ouverts, elles ont une tradition d'accueil pour ceux qui veulent réfléchir ensemble. Ce n'est pas seulement par amitié que j'ai accepté, mais l'approfondissement de la laïcité devait se faire dans un lieu républicain. Les Mairies doivent être le lieu d'accession à la citoyenneté. Je vais par exemple célébrer le premier baptême républicain à la Mairie du XIIIe. Autre exemple : j'envisage une cérémonie d'accord pour les jeunes qui choisissent la nationalité française.
ACCE : Le fait que ce soient des rencontres juives n'est-il pas gênant ?
Serge Blisko : Au contraire. Nous avions déjà reçu des rencontres d'originaires de la Kabylie et de Chine. J'attendais avec impatience que les Juifs se manifestent !
ACCE : Pour finir, une question plus personnelle : quels souvenirs vous restent de votre passage à la C.C.E ?
Serge Blisko : Ce fut beaucoup de très bons souvenirs et peu de mauvais. D'abord c'était le seul lieu, à l'époque, de mixité. J'ai découvert les femmes à la C.C.E ! Mes copains n'allaient pas dans des colos mixtes. J'en ai toujours été très conscient. C'est aussi là que j'ai acquis une grande partie de mon ouverture culturelle, de ma culture d'aujourd'hui. J'y ai appris des chants que plus personne ne connaît actuellement, comme ceux des partisans, français ou soviétiques. Je peux ainsi donner quelques leçons à mes collègues communistes ! J'y ai rencontré des gens formidables qui ont certainement été un facteur de mon engagement. Grâce aux discussions, à l'esprit critique et à la responsabilisation je n'ai pas adhéré au parti communiste mais j'ai été conforté à gauche.
OUI, ON PEUT ÊTRE A LA FOIS JUIF ET LAÏQUE
Seize associations, toutes différentes, mais toutes porteuses de cette double caractéristique, sont regroupées depuis plus de dix ans au sein d'un Comité de Liaison, qui coordonne leurs activités, propose et impulse leurs actions communes.
En effet, la judaïcité laïque française ne se reconnaît pas toujours dans les prises de position des instances "officielles", en particulier religieuses, censées représenter tous les juifs. Aujourd'hui, dix ans après leurs premières Assises, elles vous proposent de rencontrer les Juifs laïques de France lors de journées portes ouvertes à Paris, les 1er et 2 décembre 2001, à la mairie du XIIIe arrondissement.>
Ces rencontres permettront d'accueillir et d'informer les personnes qui ne sont actuellement adhérentes d'aucune association, à ceux qui sont déjà organisés de faire le point de leurs réflexions et travaux sur nos préoccupations communes, et à tous, de proposer et de préparer des actions futures.
L'accueil se fera le samedi, à partir de 14 heures, autour des stands des diverses associations. Puis nous aborderons en commun trois thèmes principaux : "Héritage et Avenir", "Intégration dans la cité" et "Etre juif et laïque, en Diaspora et en Israël". Le lendemain matin, travaux en trois ateliers, sur ces mêmes thèmes (avec synthèse en séance plénière). L'après-midi débutera par une rencontre avec trois personnalités laïques juives (Théo Klein, Lucette Valensi et Boris Cyrulnik), et se terminera par un débat général sur l'actualité et sur l'avenir, dans la perspective spécifique de la laïcité juive. Il est nécessaire de s'inscrire à l'avance (même si les retardataires pourront à titre exceptionnel s'inscrire à l'entrée), à l'aide du bulletin page 5. Votre badge personnel ainsi que le programme détaillé vous attendront à l'entrée. Comité de liaison des associations juives laïques de France
RENCONTREZ LES JUIFS LAÏQUES DE FRANCE JOURNEES PORTES OUVERTES PARIS - MAIRIE DU XIIIème 1er et 2 DeCEMBRE 2001
Voici le programme des rencontres. Nous savons tous, nous les anciens et amisss de la C.C.E., combien il est important de manifester notre attachement à une conception culturelle ouverte de judaïsme
. Il ne faut pas rater cette occasion de débattre ensemble et de connaître un mouvement qui peut nous apporter quelques réponses aux questions que nous nous posons sur notre judéité individuelle et collective. Alors inscrivez-vous tout de suite en utilisant le bulletin que vous trouverez à la suite du programme des Assises
PROGRAMME DES ASSISES
SAMEDI 1er DECEMBRE
14 h : Visite des stands des Associations Juives Laïques : se rencontrer, se connaître, discuter, échanger…
16 h : Allocution d'ouverture : Serge Blisko, député-maire du XIIIe. Présentation générale des journées : Jo Gabizon (Comité de Liaison). Thème 1 : Héritage et Avenir Président : Michel Weill (AJHL Montpellier) Héritage Historique - Héritage Culturel
16 h15 : Langues - Arts - Religion Fêtes et Traditions
17 h 15 : Héritage psychologique : l'Humour juif Quelle judéité demain pour les juifs de la diaspora ? Intervenants : AJHL Paris, Wladimir Rabi, Cercle Amical Arbeiter Ring, Liberté du Judaïsme Thème II : Intégration dans la cité Président : Jean-Michel Rosenfeld (Cercle Bernard Lazare-Paris)
17 h 15 : Interface juifs/non-juifs Les différences culturelles - Lutte contre toute forme de discrimination
18 h 15 : Intervenants : AJHL Montpellier, Rencontres Progressistes Juives, Cercle Gaston Crémieux, Association des Amis de la C.C.E. Thème III : Etre juif et laïque en diaspora et en Israël Président : Marc-Henri Klein (Cercle Wladimir Rabi) Les définitions de la laïcité - Judéité et laïcité - Loi du retour et laïcité - Liens entre Juifs laïques de la diaspora et les Israéliens laïques Intervenants : Cercle Bernard Lazare Paris, Cercle Gaston Crémieux, UJFP, CERIJ
DIMANCHE 2 DECEMBRE
Atelier 1 : Héritage et Avenir. Président : Doris Bensimon (Liberté du Judaïsme). Secrétaire : Arlette Lavesque ( AJHL- Montpellier)
10 h : Atelier 2 : Intégration dans la cité. Président : Solange Zoladz ( RPJ). Secrétaire : Nathan Zederman ( RPJ)
11 h 30 : Atelier 3 : Etre juif et Laïque en diaspora et en Israël Président : Jacques Burko (Cercle Gaston Crémieux). Secrétaire : Christiane Galili (les Amis de la C.C.E)
11 h 30/12 h 30 : Synthèse des ateliers-débats Président : Jo Gabizon
14 h/15 h 30 : Parcours juifs laiques Théo Klein; Lucette Valensi; Boris Cyrulnik. Débat. Président : Violette Attal-Lefi 15 h 30/17 h 30 : Quels liens entre juifs laïques, aujourd'hui et demain ? Débat. Président : Jo Kastersztein (Les Amis de la CCE)
- L'ASSOCIATION
LETTRE A L'AMBASSADEUR DES ETATS-UNIS
Suite aux tragiques événements du 11 septembre à New York, nous avons envoyé, au nom de l'Association, la lettre suivante à l'ambassadeur des Etats-Unis en France. Le 17 septembre nous avions prévu une soirée débat sur les sites néonazis sur internet, mais Marc Knobel, qui s'était engagé de longue date, n'a pas daigné venir et honorer ses engagements. Les présents ont eu un débat, vif et intéressant, sur le terrorisme. C'est un thème que, malheureusement, nous traiterons lors d'une prochaine soirée.
Votre Excellence,
Notre association juive laïque, dont beaucoup de membres ont eu à souffrir de la barbarie nazie, tient à vous exprimer, ainsi qu'à toutes les familles des victimes américaines endeuillées, son soutien en cette période douloureuse.
Des groupes extrémistes impitoyables ont déclenché, depuis de nombreuses années, une guerre qu'ils veulent " de religion ".
En réalité, au nom de Dieu, c'est la démocratie qu'ils visent. Ils ne s'attaquent jamais aux autorités religieuses. Ils ne défendent pas la cause de peuples opprimés, asservis ou exploités. Ce qu'ils ambitionnent c'est de saper les bases du modèle démocratique de vie en société qui, malgré ses faiblesses, reste le seul acceptable. Ils voudraient imposer une théocratie qui leur garantirait le pouvoir sur des millions de personnes qu'ils voudraient maintenir dans l'obscurantisme et la haine de l'autre.
La lutte qui s'engage, dans une alliance concertée des démocraties, n'est pas celle du Bien contre le Mal, mais celle de l'acceptable contre l'inacceptable, celle de l'humain contre l'inhumain. Ce que d'ailleurs la grande majorité des musulmans comprend bien. C'est pourquoi ce combat est aussi celui des laïques.
Nous espérons que le piège de la guerre de religion, faisant régresser l'Humanité, sera évité. Les milliers de morts américains, croyants et non croyants, étaient avant tout des citoyens d'un Etat démocratique.
Nous partageons l'immense douleur de tous leurs concitoyens.
Nous vous prions d'agréer, Votre Excellence, l'expression de nos respectueuses et sincères salutations
. Pour l'Association des Amis de la Commission Centrale de l'Enfance Joseph Kastersztein, Président
LIBRES PENSEES
UN ANTISEMITISME LITTERAIRE
La sortie au printemps dernier des deux fort volumes du Journal Inutile de Paul Morand, journal qu'il a tenu dans les dernières années de sa vie, de 1968 à 1976 (Gallimard), a révélé un véritable engouement pour cet écrivain. De lui on savait qu'il avait fait une carrière dans la diplomatie, qu'il avait été vichyste de la première à la dernière heure, que le meilleur de son oeuvre était lié au Paris des Années folles, qu'il aimait les voyages, la vitesse, les voitures de sport telles les Bugatti, les palaces, les paquebots transatlantiques, les jolies femmes (tant qu'à faire!). Qu'il était riche, enfin, marié à une opulente princesse roumaine, Hélène Soutzo, laquelle avait fasciné Proust qui la rencontrait au Ritz, vers 1920, alors qu'il était déjà fort malade. Il avait écrit quelques livres ma foi assez jolis comme Ouvert la nuit et Fermé la nuit qu'on peut relire dans l'Imaginaire chez Gallimard. On savait qu'il avait connu quelques ennuis à la Libération, mais rien de grave rassurez-vous. Il est revenu de Suisse à Paris, fut élu à l'Académie française, a joui d'un certain prestige jusqu'à la fin : un véritable mythe s'est même constitué dont il était le centre, autour des fameux Hussards, Blondin, Nimier, etc. La vitesse, les plaisirs, le luxe, les femmes, les voyages, les palaces... C'est plutôt sympathique, comme on voit. Greffez là-dessus une morale vaguement nietzschéenne, mais soft, pas donneuse de leçon pour un sou. Une morale pour soi. En gros, est bon ce qui est bon pour mon plaisir. Pas de quoi fouetter un chat. Son pétainisme même n'était pas bien méchant. Il n'a rien fait de vraiment mal, après tout. Décoré de la francisque en 1943, certes. A fréquenté un peu beaucoup quelques hauts dignitaires nazis, nazis mais francophiles, attention, dans le grand salon de sa princesse de femme. Mais il y en a tant d'autres, comme on sait, de ces artistes qui n'ont rien fait de mal, sinon accepté l'inacceptable. Et puis, là-dessus, une bonne grosse haine des Juifs. La haine des Juifs, ça ne s'explique pas, c'est un donné de votre nature. On naît avec, c'est génétique, peut-être. Morand nait, quant à lui, en pleine affaire Dreyfus, ça a dû le marquer, tout enfant, cette perpétuelle trahison des Juifs. L'Église l'avait déjà dit, d'ailleurs, en parlant de Judas. Avec Dreyfus, c'était confirmé. On a établi son innocence ? La belle affaire! Pas de fumée sans feu. Le problème, avec les écrivains dont les pensées ultimes relèvent du café du commerce, c'est-à-dire de la pure bêtise, c'est qu'il n'y a pas lieu de discuter ou de chercher à comprendre. Par exemple, pour Morand, il sera toujours établi que la Deuxième Guerre mondiale, ce sont les Juifs qui l'ont voulue. La Résistance ? les Juifs. La Libération ? Les Juifs. L'épuration ? les Juifs. Les "malheurs" de Morand ? les Juifs vous dis-je. Il y avait naguère une pièce de théâtre intitulée "Elle voit des nains partout". L'antisémite, c'est pareil. Mais lui ce n'est pas des nains qu'il voit partout, c'est des Juifs. Bon, tout cela est connu. Remarquez, Morand n'est pas plus tendre pour ceux qu'il nomme les "pédés". Là aussi, franc-maçonnerie et compagnie. Ni pour les femmes, chose bizarre pour un homme... à femmes. Elles veulent prendre le pouvoir, elles l'ont déjà pris, nous allons vers le matriarcat, etc. Il redoute en outre le péril jaune, c'est la moindre des choses, considère que les nègres sont des singes sans poils (sic). Esthète délicat s'il en est. Et il en est. Souvenez-vous de l'"affaire" Renaud Camus, cet esthète, ce diariste d'aujourd'hui. Lui aussi voit des Juifs partout. A la télévision et à la radio, notamment sur France-Culture. Et de les compter, et de les nommer. Renaud Camus est le seul auteur, à ma connaissance, non certes à être antisémite mais à exprimer son antisémitisme dans les mêmes termes que ceux utilisés avant-guerre. Cela valait bien que certains protestent, dont Philippe Sollers ou Claude Lanzmann ou le psychanalyste Gérard Wajcman. Son plus ardent défenseur fut bizarrement Alain Finkielkraut. Encore un beau mystère. Henri Raczymow
L'ASSOCIATION
GRAND CONCOURS DE CUISINE YIDDISH
Depuis le repas du siècle, il n'avait pas régné une telle agitation dans les coulisses de la salle A. Telle une ruche en ébullition, la reine Suzon dirigeait toutes les abeilles de main de maître. Il fallait bien ça pour superposer toutes ces assiettes chargées de victuailles. Un vrai travail de fourmi (ô pardon d'abeille) pour planter les petits drapeaux sur les plats préparés par de nombreux participants, dans le plus grand des secrets; plats qu'il nous fallait au fur et à mesure découper pour répartir dans les 57 assiettes. Je ne sais pas si vous imaginez la scène. Mais toutes les ouvrières Jacqueline(s), Clo, Adèle, Flo, Fanny, Rachel… et ouvriers Loulou, Victor… s'en souviennent encore ! Pendant ce temps-là, la salle se remplissait, les ventres frémissaient, les narines frétillaient (ou presque !), les papilles se dilataient, aidées il est vrai par un savant dosage de vodka-haring. Ça y est, vous avez l'eau à la bouche ! Car c'est alors que commencèrent les réjouissances .. et le silence ! Vous n'imaginez pas la concentration nécessaire pour départager des plats tous aussi bons les uns que les autres. Mais rassurez-vous, une fois le drapeau désignant le vainqueur mis de côté, nous avons retrouvé le "gratchké" (bruit) habituel. Et cette scène s'est reproduite pour chaque plat. L'enjeu était de taille. A qui le meilleur gefilte fish, le meilleur strudel… ? Les résultats ne se sont pas faits attendre. Dans la catégorie hors-d'èvre très disputée, les pieds ont été emportés haut la main par Hélène G. Le prix du meilleur gueacteleiber a été décerné à Mine R. et celui des gueactetzibelés à Victor (que l'on pourra retrouver incessamment sous peu dans son salon de thé dans le XIIIe arrondissement). Pour lé plat principal, on trouve le gefilte fish de Tante Rachel (sa recette nous a été livrée dans le numéro 4 de la Lettre, en janvier 94) et lé klops de Clara K. Une mention spéciale du jury a été attribuée au gefilte fish des traiteurs Lustyk, dont nous vous avons déjà parlé et qui nous ont fait la gentillesse de nous préparer un immense plat et de nous le livrer à domicile. Et pour finir en beauté, lé sicré. Inutile de vous préciser qu'à ce stade du festin, les bouches ont commencé à ralentir. Lé prix du meilleur gathou au pavot a été décerné à Victor, celui di strudel à Hélène et le kaiskiren à Mine R. Lé glustaï n'était pas du luxe ! Un tablier à l'emblème de l'AACCE a couronné les gagnants. Les voilà prêts à concocter d'autres plats pour notre plus grand plaisir. Après la remise des prix, les réjouissances n'étaient pas pour autant terminées. Nous avons poussé les tables et sur des rythmes endiablés, Yvette Métral nous a entraînés à la re-découverte de danses folkloriques. Et c'est ainsi que contents mais fourbus, nous avons conclu cette magnifique journée. Valérie
THEATRE
INCONNU A CETTE ADRESSE
Mise en scène : Françoise PETIT. Interprètes : Eric LAUGERIAS et Matthieu ROZE.
La pièce est issue de la nouvelle du même nom, écrite en 1938 par l'américaine Kressmann Taylor (x), se situe en 1932 à la veille de l'avènement du nazisme. Martin Schulse et Max Eiseinstein sont marchands de tableaux en Californie. Le premier, allemand décide de retourner au pays. L'autre, juif américain, veillera sur leurs affaires communes. C'est le début d'une correspondance entre deux hommes que l'amitié liait comme des frères, qui seront séparés d'abord par la distance et désormais par leurs origines respectives. Martin se laissera emporter par le nationalisme du 3ème Reich et finira par écrire à Max "la race juive est une plaie ouverte pour toute nation qui lui a donné refuge…je t'ai sincèrement aimé non à cause de ta race, mais malgré elle." L'histoire contée, avec une construction habile et un dénouement saisissant, qui laisse sans voix, est un instantané, une photographie prise sur le vif, qui décrit la montée du nazisme dans les années trente. SAMEDI 17 NOVEMBRE 2001 à 17 h 45 A La Pépinière Opéra, 7, rue Louis le Grand Paris 2ème (métro Opéra) Prix de la place : 135F au lieu de 200F Si vous êtes intéressé(e) il convient de réserver le plus rapidement possible (dès réception de cette lettre !) auprès de Monique Kreps Sellam (Tel 01 42 38 10 96 P 06 62 11 10 96) et d'adresser un chèque à l'AACCE, 14 rue de Paradis Paris 10ème. ( (x) Editions Autrement, 46,55F
"BERG ET BECK"
Ceux, nombreux, qui sont venus il y a deux ans au "14" écouter Robob, à l'occasion de la sortie de son livre "Berg et Beck" aux Editions POL, attendaient avec impatience qu'il soit adapté au théâtre. C'est fait ! Nous vous proposons d'y aller tous ensemble et, dans la mesure du possible de débattre à la fin avec Robob et François Clavier. Pour ceux qui n'étaient pas parmi nous ce soir là (les malheureux !) et pour ceux qui n'ont pas lu le livre, résumons. Joseph Berg a travaillé comme éducateur au foyer d'Andrésy. En tombant sur le livre des Aventures de Tom Sawyer de Mark Twain il se souvient de son ami Henri Beck qui était en classe avec lui et qui fut pris lors de la rafle du Vel d'Hiv avec sa famille et déporté. Berg décide de lui écrire des lettres. Faisons confiance à François Clavier pour nous donner une heure vingt de bonheur et d'émotion SAMEDI 8 DECEMBRE 2001 à 20 h 30 à l'auditorium du Musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme, Hôtel de Saint-Aignan, 71, rue du Temple 75003 Paris. Pour réserver : envoyer un chèque à l'ordre des Amis de la CCE au 14, rue de Paradis 75010 Paris. Tarif : 80F (au lieu de 100F) par personne. Pas d'inquiétude, si vous avez envoyé votre chèque avant le 30 novembre, vos places seront réservées et vous retirerez les billets le soir même à 20 h.
L'ASSOCIATION
CONVOCATION A L'ASSEMBLEE GENERALE
Le dimanche 16 décembre 2001 à 15 heures se tiendra l'assemblée générale statutaire de l'Association au 14, rue de Paradis 75010 Paris. Ordre du jour : 1. Rapport moral, puis vote 2. Rapport financier, puis vote 3. Débat général sur les orientations et les activités de l'Association et l'impact de la situation internationale et nationale sur notre action 4. Proposition par le C.A d'un règlement intérieur, vote 5. Renouvellement pour moitié du Conseil d'Administration 6. Surprise (bonne) : partie festive et artistique, non sans rapport avec Hanoucca Appel à candidatures Le C.A. est renouvelable chaque année pour moitié. Tous les adhérents, y compris les sortants, peuvent faire acte de candidature, par écrit ou en téléphonant au 01 44 83 92 21(répondeur) jusqu'au 30 novembre 2001. Tout adhérent peut se faire représenter à l'assemblée générale par un autre adhérent s'il lui donne une procuration écrite, datée et signée. Tous les Amis doivent avoir à cœur d'être présents à cette Assemblée Générale. En cette période riche en événements qui vont certainement nous concerner nous ne pouvons rester isolés, chacun chez soi pour, plus tard regretter de ne pas avoir agi. Plus nous serons, mieux nous réfléchirons, mieux nous agirons et… mieux nous festoierons.
HOMMAGE A ELIE KAGAN A l'occasion de la publication d'un ouvrage, aux Editions Actes Sud, sur Elie Kagan nous avons voulu rendre hommage à Elie. Les habitués de la soirée Witz se souviennent de lui, fidèle participant, avec son appareil photo en bandoulière. Il gardait toujours ce dynamisme, cette capacité à s'enflammer, à se révolter. Cette soirée sera l'occasion, avec Jean-Luc Einaudi, journaliste, historien, dont nous avons parlé lorsque Papon lui intenta un procès, de revenir sur les événements d'octobre 1961 concernant les Algériens massacrés par la police française. Ces événements, d'il y a 40 ans, dont Elie Kagan fut le seul photographe à rendre compte. Jean-Luc Einaudi, qui l'a bien connu, et qui a publié le livre " Octobre 61 " nous dira son combat pour faire connaître la vérité et faire reconnaître la responsabilité de Papon. Comme souvent l'histoire rejoint le présent et nous aide à mieux comprendre l'actualité. Rendez-vous VENDREDI 23 NOVEMBRE 2001 à 20 h 30 au 14, rue de Paradis 75010 Paris, salle A, escalier C. (Les gâteaux faits maison sont les bienvenus). PAF : adhérents 20F ou 3 euros, non-adhérents 40 F. ou 6 euros
DROITS DE L'HOMME
LES ETRANGERS ET LES ASSOCIATIONS
La loi du 1er juillet 1901, dont on fête cette année le centenaire, n'est pas celle qui crée les associations; elles existaient bien avant elle. Ce n'est pas une loi sur la liberté d'association ; elle était relative au "contrat d'association". M Waldeck-Rousseau répéta et fit répéter que l'association n'est pas une liberté mais un droit naturel. Son article 12 stipulait: Les associations composées en majeure partie d'étrangers , celles ayant des administrateurs étrangers ou leur siège à l'étranger, et dont les agissements seraient de nature soit à fausser les conditions normales du marché des valeurs ou des marchandises, soit à menacer la sûreté intérieure de l'État, dans les conditions prévues par les articles 75 à 101 du code pénal, pourront être dissoute par décret du Président de la République rendu en conseil des ministres. Comme tous les articles, il fut apprement discuté. La droite catholique prétendait que c'était un article dangereux puisque l'église catholique avait son siège à l'étranger, tandis que la gauche y voyait un danger contre l'Internationale socialiste. Il ne fut jamais appliqué, même pendant la Première Guerre mondiale. Cet article fut abrogé par décret du 12 avril 1939. Mais pour être remplacé par les articles 22 à 35 qui constituaient le "Titre IV". Article 26. Sont réputées associations étrangères, quelle que soit la forme sous laquelle ils peuvent éventuellement se dissimuler, les groupements présentant les caractéristiques d'une association 1- Qui ont leur siège à l'étranger. 2 - Ou qui, ayant leur siège en France, sont dirigées en fait par des étrangers. 3 - Ou qui, ayant leur siège en France, ont des administrateurs étrangers 4 - Ou qui, ayant leur siège en France, ont un quart au moins de membres étrangers; précise qui sont ces associations. Article 31 (Décret-Loi du 1/09/1939). Le décret ou l'arrêté qui retire à une association étrangère l'autorisation de poursuivre son activité, ou lui refuse ladite autorisation, ou constate sa nullité, prescrit toutes mesures utiles pour assurer l'exécution immédiate de cette décision et la liquidation des biens du groupement ; permet la spoliation immédiate des biens de l'association ainsi interdite (six mois plus tôt, on "accordait" un délai d'un mois). Ces mesures ont été prises parce que le décret loi de 1935 à l'encontre des ligues ne paraissait pas suffisant face à la montée en puissance des idéologies totalitaires ou nationalistes et on espérait une meilleure maîtrise de l'influence des réseaux fascistes en France. Cinq jours plus tôt, il y avait eu le coup de force italien en Albanie. Dès septembre 1939, ces articles étaient appliqués pour interdire le Parti communiste et plusieurs centaines d'associations sympathisantes. L'administration vichyssoise se garda de remettre en cause un instrument aussi adapté au contrôle des associations. Elle eut également recours à d'autre textes à l'encontre des organisations juives. Après la Libération, les guerres coloniales et la guerre froide n'incita pas à l'abrogation de ce texte. En 1958, le Journal Officiel annonçait la nullité de Parti communiste espagnol, du Parti socialiste unifié de catalogne, du Comité national d'aide aux vieillards polonais, de la Confédération nord-africaine des étudiants. En 1960, ce fut l'Union nationale des étudiants du Maroc en France. Le 9 octobre 1981, M. François Mitterand, président de la République, et M. Autin, secrétaire d'État aux immigrés, signaient une loi abrogeant ce décret-loi de 1939. Quarante-deux ans plus tard, trente-six ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, dix-neuf ans après la fin de la guerre d'Algérie, "on" s'est rendu compte que ce texte "ne correspondait plus à la situation de notre pays", que les immigrés devaient "participer réellement et en prenant leur part de responsabilité à une vie associative dont l'importance est aujourd'hui reconnue, qu'il s'agisse de parents d'élèves, de locataires". Même les associations internationales étaient désormais admises puisqu'elles animaient de grands courants culturels ou humanitaires. Toutes ces associations n'avaient plus besoin de demander une autorisation préalable toujours révocable par une mesure de dissolution administrative. Elles retrouvaient le droit commun fixé en 1901. Pour la petite histoire, ou la grande, cette loi (n° 81-909) paraît à la page 2759 du “Journal Officiel” daté du 10 octobre 1981, en colonne de droite. Sur la même page, en colonne de gauche, se trouve la loi n° 81-908 du 9 octobre 1981 portant abolition de la peine de mort. Maurice Gelbard www.multimania.com/mgelbard/
- LIBRES PROPOS
SIMON ET MARIE
de Jean Nainchrik Le problème avec les juifs c'est qu'ils ont tous une histoire à vous raconter. Une histoire unique, incroyable, formidable, avec laquelle on pourrait faire un film… Un film ? Dix films ou dix livres tiens ! Ou une chiée de pièce de théâtre, comme les vôtres, mieux que les vôtres ! Ils prennent rendez-vous, ils vous écrivent, ils vous racontent. Ecrivez, vous – vous dîtes – écrivez-la votre histoire.Non, non, je vous raconte, et vous, vous écrivez. Joffo vous connaissez ? Le Sac de billes ? Moi c'est encore mieux ! Mille fois mieux ! Incroyable je vous dis. Mais vrai, vrai, vrai à 100 pour 100 ! A 120 pour 100 ! Et souvent c'est vrai. Ils ont eu des vies, ou leurs parents ont eu des vies, incroyables. Ils ont survécu, ils ont triomphé de mille et mille morts, ils ont perdu leur famille, ils ont changé de nom, de pays, de langue, ils ont tout perdu, tout reconstruit. Mais on ne peut tout de même pas sous prétexte qu'on se dit juif et écrivain passer sa vie à écrire des vies racontées par d'autres, non ? Alors quand l'un de vos amis qui ne se prétend même pas écrivain écrit le récit de la vie de sa famille, on se dit : " ouais, ouais, de toutes façons, on connaît ça… " Et puis on lit, et on découvre que non, on ne connaît pas, pas du tout. C'est comme ça les histoires juives. Les vies juives sont si diverses, si riches de surprises. Ca doit être pour ça que tout le monde nous en veut. Tout le monde a envie d'écrire et ne sait pas quoi, alors… Tandis que Jean Nainchrik, lui, vous prend par la main et vous plonge au cœur du quartier yiddish d'Istanbul Constantinople, puis direct rue Lauriston, chez Bony et Lafon, à la Gestapo en 43, où un flic véreux, ou résistant, ou les deux, refile à Simon, son père, des vrais-faux papiers. On est dans la survie, la fuite, l'aventure, dans un conte oriental, et dans une chanson de Francis Lemarque, avec l'accent des faubourgs en prime. On traîne aux Puces à Saint-Ouen et on se retrouve au bazar rue Adji Ali, là où le Ladino fait concurrence au Yiddish. Des histoires comme ça on ne vous en raconte pas tous les jours ! Le problème avec les juifs, même les amis, c'est que les vraies bonnes histoires ils les écrivent eux-mêmes. Voilà encore un écrivain qui sort du giron de la CCE, c'est à vous dégoûter d'être écrivain, ou juif, ou les deux, non ? Jean-Claude Grumberg
DOMAINE YIDDISH
CHOLEM ASCH
Une biographie de Cholem ASCH est parue dans " La Lettre " n° 30 (avril 2000). Nous vous présentons aujourd'hui des extraits du " Schtetel " - " La Bourgade " de Cholem Asch)
Lorsque les "Trois Semaines" commençaient à se glisser dans la Bourgade, la vie estivale s'arrêtait net, coupée par le milieu pour ainsi dire. Le monde autour de nous ressemblait à une princesse parée de ses plus beaux atours, attendant tristement son fiancé qui l'avait abandonnée... Un vent léger soufflait dans les prairies, berçait les herbes, agitait les feuilles sur les branches qui pleuraient doucement et se plaignaient devant le monde entier. Les cloches sonnaient au loin. Doux crépuscules de l'été... De lointaines contrées inconnues, arrivent en flottant, des petits nuages sombres et clairs qui se mélangent dans le large horizon du ciel. La lumière flamboyante et les nuages gris se cachent derrière un large rideau bleu et vaporeux. Les derniers rayons de lumière suspendus sur les eaux de la rivière se reflètent dans ses vagues lumineuses et cristallines. Les vagues se suivent l'une après l'autre et se racontent des choses secrètes. Au loin, le ciel s'incline vers la rivière, ses eaux montent vers le ciel, ils se donnent le premier baiser pur et candide et s'en vont dormir dans la forêt noire au bout du monde... Chers crépuscules de ma ruelle. Des nuages gris la couvrent et l'enveloppent comme s'ils voulaient la camoufler aux yeux des humains. A l'autre bout de la forêt épaisse rougeoient encore des lambeaux de lumière agonisante, comme des îlots engloutis dans la mer bleue et infinie. Dans les fenêtres de la vieille maison de prière clignote une petite bougie. La voix d'un Juif pieux pleure, se plaint, ses clameurs montent vers la nuit qui les ramasse et les emporte dans un royaume inconnu où elle les mélange avec le coassement des grenouilles, les chuchotements de la forêt, et les disperse ensuite sur la route noire menant vers le cimetière... Dans la fenêtre du Rabbi on voit deux grosses bougies. Vêtu d'une lévite blanche le Rabbi, plongé dans ses profondes méditations, arpente la chambre. L'ombre de sa haute silhouette se reflète sur le mur de la maison d'en face. Devant les portes de leur maison se tiennent des hommes et des femmes à moitié vêtus qui se reposent après une longue journée de travail exténuant et prennent l'air frais Des petites filles jouent dans la rue en se tenant par la main et en chantant : Un comte se promenait dans la forêt Il y rencontra une jeune fille Que fais-tu seule dans la forêt ma mie ? Je rentre à la maison mais je me suis égarée. Dans le calme jardin de Hana-Sorélé les branches plient sous le poids des fruits. Les garçons du "heder " grimpent sur la palissade et arrachent des poires encore vertes. Le jardinier accourt, les enfants se sauvent. Un seul petit garçon reste perché sur l'arbre. Le jardinier lui enlève sa casquette, l'enfant pleure, il a peur de rentrer à la maison. Les vaches rentrent de la prairie, le berger joue sur un pipeau. Les Juifs se lèvent lentement et chacun va chercher sa vache pour l'amener à l'étable. Au loin on entend les sons langoureux d'un harmonica. C'est Stephan, le seul " goï " du village, il se tient devant sa maisonnette avec sa fille qu'il aime et joue des chansons d'amour, de trahison, de séparation à vous arracher le cœur. Son chant se mélange avec la triste mélopée du Juif qui fait ses dévotions dans la petite synagogue et ils s'en vont courir dans les champs. Chères soirées dans ma ruelle. Plus loin, sur la route qui mène vers le cimetière, autour de la grande Maison de prière, se promènent des jeunes gens vêtus de légers cafetans d'été et des jeunes filles de bonne famille en robes de cretonne fleurie. Les garçons et les filles ne se promènent pas ensemble. D'un côté marchent les jeunes gens et de l'autre, les jeunes filles, en groupe. Et voici qu'un jeune homme jette un coup d'œil furtif sur le groupe de jeunes filles. Il voudrait voir sa promise, sa fiancée qui lui a fait cadeau d'une montre en or qu'il porte sur lui. Il a un peu honte, il est intimidé, son cœur bat fort et il détourne les yeux... Dans le groupe de jeunes filles, il en est une qui baisse pudiquement les paupières. Elle n'ose pas avouer à ses amies qu'elle voudrait voir son fiancé, pour lequel elle a brodé un sac à phylactères (tefilim). Une jeune fille juive, chaste et pure ne doit pas... le rouge couvre son visage et son corsage bouge sur sa poitrine.. Surtout maintenant, pendant les " Trois Semaines ", il est strictement interdit de penser à l'amour. Plus tard... plus tard... après le jour de Kippour. Mais les nuages enveloppent notre ruelle dans une vague et secrète nostalgie qui éveille dans le cœur de douces rêveries d'amour et de bonheur. Des odeurs enivrantes nous parviennent des jardins et des prairies, emplissent les poumons de fraîcheur, soulèvent la poitrine de désirs lancinants de douceur, de tendresse, de joie. O, doux Seigneur, comme on voudrait être tendrement caressé, ardemment aimé. Chers crépuscules de ma ruelle de la maison de prière. Qui vous a connus, qui vous a perdus… Traduit par Louba Wolf
LECTURES
"JE PENSAIS QUE MON PERE ETAIT DIEU",
de Paul Auster "Je pensais que mon père était Dieu", de Paul Auster Les Américains des Etats-Unis vivent une épreuve dramatique qui est aussi la nôtre. Nous sommes, comme eux, les représentants d'un monde dit occidental, de facture démocratique, vomi, haï et rejeté jusqu'à la mort par un grand nombre d'individus fanatisés donc dangereux, nostalgiques d'une théocratie totalitaire voire fascisante. Lire l'anthologie composée par Paul Auster est une forme de solidarité moins polémique que l'engagement politique. Mieux connaître ces citoyens américains pour peut-être s'en sentir plus proche est souhaitable, les comprendre est utile. L'écrivain nous guide… 172 histoires sur les quatre mille reçues, écrites par les gens eux-mêmes, de tous âges, de tous milieux, lues à la radio pour le National Story Project et maintenant traduites et parues après une sélection basée sur les mérites suivants : humanité, véracité, charme. "S'il me fallait définir ces récits dit Paul Auster, je dirais que ce sont des dépêches, des rapports envoyés du front de l'expérience personnelle. Ils parlent des univers privés d'individus américains et pourtant on y retrouve à chaque fois les marques inévitables de l'Histoire, les voies complexes par lesquelles les destinées individuelles sont déterminées par la société dans son ensemble (…) Nous avons tous le sentiment de faire partie du monde et pourtant d'en être exilés (…) Nous n'avons jamais été parfaits mais nous sommes réels… " Auster romancier nous a souvent fait partager les claustrations puis les errances de personnages partant à la quête d'eux-mêmes et son amour des coïncidences, des signes semés par le destin. D'insignifiantes corrélations tentent de relier, d'ordonner, un chaos de non-sens. Le hasard fait rimer comme dit Pascal Bruckner, les événements les plus lointains, les plus improbables. P. Auster a donc cherché des histoires "non conformes à ce que nous attendons de l'existence, (…) des histoires vraies aux allures de fiction" en tentant de saisir "des bribes et des morceaux de la réalité américaine". Certaines ne sont pas exemptes d'humour, comme l'illustrent les extraits du récit suivant : "Rascal”, de Yale Huffman, Denver, Colorado, année 2000. "La résurgence du Ku Klux Klan en 1920 est un phénomène que personne n'a totalement expliqué. Tout à coup, les villes du Middle West se sont retrouvées sous l'emprise de cette société secrète qui avait pour objectif d'éliminer de la société les Noirs et les Juifs. Dans le cas de villes comme Broken Bow, au Nebraska, c'étaient les catholiques qui étaient visés. (…) Arriva le moment de la parade annuelle du Ku Klux Klan autour de la grand-place. Ses membres choisissaient toujours un samedi, quand la ville était encombrée d'éleveurs et de fermiers. Vêtus de robes blanches et masqués par leurs bonnets coniques avec des trous pour les yeux, ils défilaient afin de rappeler aux citoyens leur dignité et leur puissance, menés par un personnage impressionnant mais anonyme, le Grand Kleagle. Tout au long des trottoirs était alignée la foule, qui s'interrogeait sur les marcheurs et évoquait en chuchotant leurs pouvoirs mystérieux. Alors sortit en bondissant d'une ruelle un petit chien blanc à taches noires. Il va sans dire qu'exactement comme ils connaissaient tout le monde en ville, les habitants de Broken Bow connaissaient aussi les chiens. (…) Le chien tacheté courut joyeusement vers le Grand Kleagle et sauta autour de lui. (…) "Rascal", le mot se mit à circuler, "c'est Rascal, le chien de Doc Jansen". Pendant ce temps, le majestueux Grand Kleagle agitait ses longues jambes sous sa robe en essayant de chasser à coups de pied ce qui était manifestement son chien : "File Rascal, à la maison !" Le mot courait le long des trottoirs. Les gens ne chuchotaient plus, ils parlaient à voix haute. (…) On poussait du coude ses voisins, des petits rires parcouraient la file. (…) Et puis le gamin du Dr. Jensen apparut et appela son chien : "Ici, Rascal ! Ici !" Cela rompit la tension. Quelqu'un répéta l'appel : "Ici Rascal !" C'est alors que les petits rires se transformèrent en rigolade, et une longue rafale d'hilarité balaya la grand- place. Le Dr. Jensen arrêta de donner des coups de pied à son chien et reprit sa marche solennelle, mais les spectateurs n'étaient plus d'humeur à se laisser impressionner : "Ici, Rascal ! Ici, Rascal ! " Telle fut la fin du Ku Klux Klan à Broken Bow. (…) Pour compléter l'immersion dans ces familles américaines : "American Rigolos", Chroniques d'un grand pays de Bill Bryson chez Payot, critiques hilarantes, efficaces mais tendres des travers de la société américaine et "Histoire des Américains", de Daniel Boorstin chez R. Laffont, coll. Bouquins, l'auteur étant considéré comme l'un des plus grands historiens américains contemporains. Good luck to you… A gut mazl…
Ch.Galili
"Je pensais que mon père était Dieu", et autres récits de la réalité américaine Actes Sud 2001.
HISTOIRE
ISSAC JULES MARX 1877-1963
Jules Isaac et son alter ego Albert Mallet ont sensibilisé à l'Histoire des générations de jeunes français. Leur collection de livres pour l'enseignement, le célèbre manuel Mallet-Isaac, fait autorité dès les années vingt. La passion des documents textuels et iconographiques, la conviction absolue du fait établi et de la forte portée de l'enseignement font de leur travail, une référence. Brocardés un temps, leurs ouvrages sont aujourd'hui réédités. La vie de Jules Isaac fut "engagée". Il est un bel exemple d'historien qui fit de son métier, le principe solide de ses prises de positions publiques. Né en 1877 à Rennes, agrégé en 1902, formé à la méthode critique, ami de Charles Péguy depuis 1897, dreyfusard et socialiste hors parti, il participe à l'aventure des Cahiers de la quinzaine. Sa carrière débute véritablement après la Première Guerre Mondiale, où blessé, il revint avec une conscience de "mort vivant libéré des préjugés". Responsable des manuels d'Histoire chez Hachette, il milite pour un pacifisme internationaliste. Il travaille contre la version officielle des origines de la guerre et s'interroge en 1923, sur le rôle de la "science homicide", la chimie étant apparue sur les champs de bataille : "(…) Ne voulant envisager rien d'autre que le rôle historique de la science, je me pose la question de savoir si la civilisation moderne, devenue scientifique et parce que devenue scientifique, ne court du fait même du progrès scientifique, un danger mortel." Il souhaite la constitution d'une Ligue des Savants contrôlant les inventions destructrices… L'avenir justifiera son inquiétude ! En 1932, il est l'instigateur d'une conférence internationale de l'enseignement de l'Histoire à La Haye et demande la création d'un Office international développant une coopération, notamment franco-allemande dans la rédaction des manuels d'enseignement. La recherche de la vérité et de la justice issues de l'étude des sources et des documents balisent son double engagement d'historien et de pacifiste. Sous Vichy, sa vie va basculer. Révoqué début 41, le juif Isaac, Inspecteur Général de l'Enseignement Public, perdra sa femme, sa fille et son gendre, arrêtés par la Gestapo et morts dans les camps. Il consacre alors son temps à étudier les origines chrétiennes de l'antisémitisme, interpellant les chrétiens dès l'après-guerre, instaurant un dialogue. Ses propositions, défendues par Jacob Kaplan seront la base des discussions de la Commission de Seelisberg en 1948 étudiant "le redressement nécessaire de l'enseignement chrétien" pour en finir avec "l'enseignement du mépris", l'antidote étant "l'enseignement de l'estime". Il fonde avec le poète Edmond Fleg, l'amitié judéo-chrétienne de France. A ses contradicteurs, Jules Isaac répond dans son livre "Genèse de l'antisémitisme" en 1956 : " (…) Souligner l'importance primordiale de l'antisémitisme chrétien, n'est pas du tout prétendre qu'il ait été ou qu'il soit unique en son genre. Tout historien sait qu'il a été précédé d'un antisémitisme païen (…). Et l'on sait aussi qu'à partir du VIIème siècle, il a été suivi d'un antisémitisme musulman (mieux vaudrait dire ici antijudaïsme), les uns et les autres issus de la même source, l'attachement opiniâtre d'Israël au monothéisme yahviste et à la Tôra de Moïse. Ce qui me paraît historiquement démontrable parce que l'enquête historique me l'a démontré à moi-même, c'est que l'antisémitisme chrétien l'emporte de loin sur les deux autres par la continuité, l'esprit de système, la nocivité, l'ampleur, la profondeur. (…) Le racisme est d'aujourd'hui et d'hier; il s'est mis au travail (et au crime) sur un terrain que les siècles antérieurs lui avaient préparé. Est-ce d'aujourd'hui qu'Israël est devenu bouc émissaire, d'aujourd'hui que date le système d'exclusion, d'interdiction, d'avilissement appliqué aux Juifs, d'aujourd'hui les marques infamantes ? (…) Je ne prétends pas qu'un redressement de l'enseignement chrétien soit le remède souverain, la panacée miraculeuse (…) ni qu'il puisse suffire à guérir le monde de la lèpre antisémite qui le ronge depuis tant de siècles (…). La résurrection de l'Etat d'Israël est un fait d'importance capitale, d'une autre importance assurément (…) toute révolution sociale aussi (…) mais à chacun selon ses moyens. (…) Quels que soient les péchés d'Israël, il est innocent des crimes dont l'accuse la tradition chrétienne. (…) Puissent les chrétiens le reconnaître enfin, reconnaître et réparer leurs criantes iniquités. A l'heure présente, où une malédiction semble peser sur l'humanité toute entière, c'est le devoir pressant que leur dicte la méditation d'Auschwitz. (…) De toutes mes forces, je voudrais travailler à cette rénovation, à cette purification. Sans illusions sinon sans espoir. Tant j'ai foi en la grâce efficace de la vérité." Aix-en-Provence, 25 mai 1955. Les écrits d'Isaac influencèrent l'Eglise au Concile de Vatican II achevé en 1965. Il ne le vit pas. Son énorme travail, sa relecture des textes religieux, sa fervente obstination forcent le respect. Julien Green en 1949, bouleversé par la lecture de “Jésus et Israël” n'écrivait-il pas : "L'auteur a souvent raison; il est même scandaleux qu'il puisse avoir raison à ce point …" Pour en savoir plus : “Les Oligarques”, 1945 pamphlet transposé contre Vichy et ses élites; “Jésus et Israël”, 1948; “Genèse de l'antisémitisme, 1956, 10/18. Ch.Galili
BILLET DU PRESIDENT
Bien sûr la C.I.A a armé les Talibans. Bien évidemment la politique des pays occidentaux riches ne favorise pas l'éradication de la misère et de la pauvreté dans le monde. Loin s'en faut ! Mais s'agit-il d'une lutte entre des opprimés et des oppresseurs ? En quoi l'assassinat de milliers de personnes à New York sert la cause des pauvres et des miséreux ? La réalité est plus brute, plus grave. Il s'agit pour des intégristes de s'opposer, au nom de Dieu, à toute démocratisation et de maintenir dans un abrutissement sectaire, allant jusqu'à l'autodestruction, la masse de leurs disciples. Espérons que les occidentaux ne tomberont pas dans ce piège d'une guerre de religion synonyme de régression et d'aveuglement. La LAÏCITE redevient, en ces temps de folie, une notion forte et salvatrice. A gut yor 5762 tout de même ! Jo Kastersztein
BREVES
Le Cercle Bernard Lazare organise le 25 décembre 2001 au Sénat les Assises Européennes du Judaïsme Progressiste sur le thème " Etre Juifs dans un monde en crise ". De nombreuses personnalités seront présentes. Renseignements : CBL 10, rue Saint-Claude 75003 Paris. Téléphone : 01 42 71 68 19.
CONCERTS
Ballade en Mère Un spectacle jumoristique et musical de nos amis Sylvie Sivann et Gérard Grobman avec Denis Cuniot au piano. Humour, amour et émotion traversent ce spectacle sur un thème éternel et Ô combien sensible. A ne pas rater ! Samedi 17 novembre à 20 h 30 Dimanche 18 novembre à 16h Au Musée d'Histoire et d'Art du Judaïsme 71, rue du Temple 75003 tél. 01 53 01 86 62. Talila et Ben Zimet, accompagnés de leurs fidèles musiciens nous régalent de leur dernier spectacle à l'auditorium Saint-Germain-des-Prés, du 2 octobre au 11 novembre. Renseignements et réservation au 01 44 07 37 43. Chansons yiddish, tendresse et rage. Sous ce nom évocateur, certains reconnaîtront Moshe Leiser (chant et guitare), Ami Flammer (violon) et Gérard Barreaux (accordéon). Au confluent de la musique classique, populaire et du Yiddish, le groupe nous régalera les samedi 24 novembre à 20 h 30 et dimanche 25 novembre à 16 h au Musée d'art et d'histoire du Judaïsme, 71 rue du temple 75003 Paris. (P.A.F. : entre 70 et 100 f.)
Maramos. La musique juive perdue de Transylvanie par le groupe Muzikas (Marta Sebestyen au chant et Toni Arapad au Cymbalum). Vous pourrez aller à la rencontre de cette musique klezmer de Transylvanie les samedi 2 et dimanche 3 décembre à 20h30 au Musée d'art et d'histoire du Judaïsme. (P.A.F. : entre 70 et 100 f.) Dans le cadre des mercredis judéo-cosmopolites au théâtre de la Vieille Grille, vous pourrez entendre le groupe Klezmer Yankele les 7-8-9 novembre à 21 h. Ainsi que Michèle Tauber accompagnée de Micha Nissimov le 21 novembre à 18 h3 0 . …et Klezmer Latitudes le 19 décembre à 21 h. 1, rue du Puits de l'Ermite 75005 Paris. Réservations : 01 47 07 22 11. (PAF : 70 – 100 f.)
EXPOSITIONS
" Le Juif errant un témoin du temps " ou comment ce mythe nous renvoie à l'évolution historique des relations des populations juives avec l'Occident chrétien. A découvrir au Musée d'art et d'histoire du Judaïsme du 26 octobre 2001 au 24 février 2002.
Dans un autre registre, le Musée d'art et d'histoire du Judaïsme nous propose une exposition –cinéma sur les Falachas, les Juifs d'Ethiopie qui constituent les seuls Juifs parmi les Noirs et les seuls Noirs parmi les Juifs. De leur vie en Ethiopie et des suites de leur épopée en Israël, François Margolin a ramené 2 films et des photographies, exposées ici pour la première fois. Du 12 octobre au 9 décembre. Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les mères juives, sans avoir jamais osé le demander se trouve également au Musée d'art et d'histoire du Judaïsme. Vous pourrez ainsi entendre le pédiatre Aldo Naouri sur "Toutes les mères ne sont-elles pas un peu des mères juives ? " dimanche 11 novembre à 16h. (P.A.F. : 22 f.) Daniel Mesguich, quant à lui évoquera " Le Livre de ma mère " d'Albert Cohen, samedi 10 et dimanche 11 novembre à 20h30. (P.A.F. : 50 f.) Vous avez lu " Portnoy et son complexe ". Venez entendre le récit de Philip Roth par Bernard Bloch, accompagné de Hubertus Bierman au violoncelle. Mercredi 21 et jeudi 22 novembre à 20h30. (P.A.F. : entre 70 et 100 f.) Toujours sur le même thème, mais de manière humoristique et musicale, venez re-découvrir Sylvie Sivann et Gérard Grobman qui nous ont déjà enchantés par le passé : "Ballade en mère " samedi 17 novembre à 20h30 et dimanche 18 novembre à 16h. (P.A.F. : entre 70 et 100 f.) ENFANTS
Par ailleurs, le Musée d'art et d'histoire du Judaïsme anime différents ateliers pour les petits. Par exemple, les enfants âgés de 7 à 10 ans pourront découvrir Hanouca à travers des jeux et des initiations aux techniques du cuivre les dimanche 9 décembre de 11 h à 13 h et mercredi 12 décembre de 14 h à 16 h. Ils pourront également êtr
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