AGENDA

A noter :

PROJECTION-DÉBAT

L’AACCE et le Centre Medem Arbeter Ring présentent

NOUS ETIONS DES ENFANTS…   

Vendredi 9 mars 2012 à 20h30

au Centre Medem-Arbeter Ring 52 rue René Boulanger 75010 Paris

________

L’AACCE VOUS INVITE

à rencontrer

Ivan JABLONKA

Autour de son livre :

Histoire des grands-parents que je n’ai pas eus.

Vendredi 16 mars 2012 à 20h30

dans les locaux du Farband, situés au 5 rue des Messageries Paris 10e

à quelques pas du 14 rue de Paradis

 

 

 

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Présentation





Association des Amis
de la Commission
Centrale de l'Enfance


  • HERISSON   -  
  •  Rachel a été cachée pendant la guerre dans un petit hameau perdu en plein coeur de la FRANCE. Des liens très forts l'attachent à la famille qui l'a sauvée. Alors, il était évident que notre coin de paradis se trouverait dans les environs... Visitez-le, vous ne le regretterez pas.          (Jojo)
  • Chantons en Yiddish

               YIDDISH-YIDDISH.jpg

      - Zog nit keyn mol 

      - Beltz 

      - Tum-Balalayka 

      - Dona Dona 

      - Yakhne dvoche 

      - Yankele 

      - A Yddishe mame 

      - Akhtzig er un zibetzik  

      - Khanuke lempele

      Yoshke fourt avek

      Yidl mitn fidl

      Dos lied fun Aizenbahn

      Moyshele, mayn fraynd

     


      Ecoutons ..... en Yiddish

     


                JACOB CHANTE LA SERENADE A RACHEL 

    Tu es certainement allongée maintenant dans ton lit 

    Et fais des rêves délicieux 

    Et moi, sous ta petite fenêtre, je te chante une sérénade

    L'oncle est un chien agressif, toujours il me dit d'attendre 

    Il ne peut comprendre comme cette attente m'est pénible 

    Oïe, ma petite Rachel, je dois t'attendre encore sept ans, 

    Oïe, pour tes yeux splendides et ta sombre chevelure. 

    Le jour je trime aux champs et la nuit je ne trouve pas de repos. 

    Je suis continuellement attiré vers toi  comme par un aimant.

     

    La lune dans le ciel, elle seule peut ressentir ma douleur. 

    Combien, oh combien il est difficile de mener jusqu'au bout 

    Le jeu d'un amour. 

    Aujourd'hui j'ai, dans le sable jaune, sept fois tracé ton nom 

    Et j'ai vu une diseuse de bonne aventure,

    Qui claudiquait sur un pied bot. 

    Elle tenait dans la main un jeu de cartes usées 

    Et sans attendre elle proféra ces mots: 

    "Deux filles se meurent d'amour pour toi,

    Et tu n'en aimes qu'une seule.

    L'ainée sera ta femme, mais pas la cadette" 

    Et aussitôt elle disparu.

    C'est de Léa qu'elle parlait, avec son air fourbe.

    Oïe, combien se méprend cette diseuse de bonne aventure, 

    Et combien se méprend l'oncle. 

    Car, de toute façon, tu seras mienne, tôt ou tard 

    Oïe, ma petite Rachel, je vais servir encore sept ans, 

    Oïe, pour tes yeux splendides et ta sombre chevelure.  

     

                LES TROIS ANGES VIENNENT CHEZ ABRAHAM 

    Abraham est assis sur le seuil 

    Et taille dans de l'os un Index 

    De l'ombre de la tente

    S'échappent les pleurs de Sarah. 

    "Arrête, bécasse, veux-tu enfin t'arrêter"

    Mais non, elle ne cesse de pleurer.

    Elle a probablement lu

    La "Tsènè Vèrènè" 

    Il essuie, avec son mouchoir, ses vieilles lunettes 

    Et voit le chemin s'assombrir.

    Oh! comme ombre et fumée 

    S'effacent nos jours. 

    Et de l'ombre il voit se profiler 

    Trois Turcs à la barbe flamboyante 

    Avec leurs chaussures sans poussière

    Ils marchent silencieusement 

    Comme si personne n'était présent. 

    Bonjour! étrangers. Veuillez entrer 

    Et soyez les bienvenus 

    Ma Sarah a préparé

    Du riz au lait et du pain au cumin. 

    Vous venez probablement de loin? 

    Les Turcs s'assoient à table, 

    Dissertent des problèmes du monde: 

    Comment bien marier les enfants, 

    Du prix du blé, du vin, 

    et de l'argent

    Figée Sarah entend 

    Et s'exclame en sanglotant: 

    "Sans Kaddish, Avreimon, entends-tu 

    Notre génération sera perdue." 

    "Oui, reb Avrom", disent les étrangers 

    "Avant que l'année ne se termine, 

    Vous pourrez préparer un baptême 

    Et être père d'un nouveau né."

    Les Turcs disparaissent 

    La joie éclate 

    Et sous la voûte de satin bleu du ciel, 

    Etincelle un soleil d'or

    Qui brille, tel un bijou dans son écrin.  

     

                 ADAM EST JALOUX

    Un petit canari jaune pousse ses trilles 

    Sur un arbre du Paradis  

    Adam entrouvre ses yeux entre chants et rêve. 


    Un rayon de soleil pourpre frémit 

    Sur l'herbe humide  

    Un écureuil et un lièvre lui courent après. 

     

    Adam sourit. Près de lui est allongée Eve sa femme  

    Son jeune et beau corps 

    Couvert d'herbe et de feuilles 

     

    Il la regarde et jubile  

    Il la regarde et pense:  

    Comme il est bon que lumineux soit le jour et sombre la nuit. 

     

    Il se lève et marche 

    Autour de lui tout n'est que bruissements et envolées.  

    Et chaque bruissement et envolée 

    Résonne dans son âme. 

     

    Mais, écoute! Une eau ruisselle,  

    C'est un ruisseau là bas dans le vallon,  

    Et Adam devient subitement  

    Profondément triste.

    Il a aperçu dans l'onde du ruisseau

    Un Adam exactement semblable a lui-même.  

    Qui est cet Adam de l'onde hein? 

    Qui est-il , qui? 

     

    Et peut être bien, peut être est-ce la réalité  

    Que l'autre Adam est en train de jouer  

    Avec les seins et la chevelure d'Eve. 

     

    Il revient sur ses pas précipitamment,  

    Peut-être va-t-il les trouver ensembles 

    Justement Eve est là 

    Qui tient un coucou dans la main 

     

    Elle demande: 

    "Coucou, dit moi, suis-je véritablement belle?  

    Ai-je beaucoup de charme aux yeux de mon mari ?

     

    Et Adam est là qui entend, 

    Et ne sait pas lui-même pourquoi  

    Il lui vient l'envie de se laisser tomber à terre 

    Et de sangloter dans l'herbe profonde. 

     

                                          LES FILLES DE LOTH

     Les filles de Loth sont assises dans la cuisine 

    Et se font leurs confidences  

    L’une plume une oie sacrifiée,  

    L’autre ravaude un robe. 

     

    La première dit: “ voici huit jours,  

    J’ai eu quarante ans,  

    Et aujourd’hui dans le miroir  

    J’ai aperçu mes premiers cheveux blancs. 

     

    Notre père traîne de taverne en taverne  

    Et les années passent vite 

    Dans l’armoire à vêtements  

    Attendent en vain mes chaussures blanches  

    De mariée ”. 

     

    La deuxième laisse tomber son aiguille  

    Et reste un instant pensive:  

    “ Ma soeur, chaque nuit  

    Le drap de mon lit est brûlant sous mon corps ”  

     

    Son souffle est fiévreux:  

    “ J’ai fait un rêve merveilleux,  

    Un soldat Bleu et magnifique  

    A passé la nuit contre mon sein.  

    Il est parti et même en rêve  

    Il ne se montre plus.  

    Comme s’il n’y avait plus de soldat  

    Dans notre garnison! ” 

     La première dit:

    “ Ma soeur, écoute moi,  

    Un plan m’est venu à l’idée:  

    Puisqu’il ne vient pas à nous de prétendant...  

    Un père est aussi un homme. 

    Ses joues flamboient, son souffle brûle 

    Et sa voix tremble;  

    Ma soeur, cette nuit même 

    Je coucherai près de lui. 

    Et demain ce sera toi.

    Il est de toute façon continuellement saoul comme Loth!  

    Et notre mère est une statue de sel 

    A Sodome la ville maudite.

     Elles brûlent de fièvre.

    Autour de la lampe vole

    Un papillon de nuit. 

    “ Ma soeur, soit prête!  

    Notre père arrive  

    De son pas lourd et chancelant. 

           

                  

     ABRAHAM ET SARAH 

    Abraham, quand auront-nous un enfant?

    Nous sommes déjà âgés!  

     Bien des gens à notre âge,  

     Ont déjà leur dix-huitième enfant!

     Abraham sourit, reste silencieux

     Et tire de sa pipe des volutes de fumée

     “ Ca viendra ma femme car si Dieu le veut

    Même un balai peut tirer comme un fusil.. ”

      Abraham, entends-tu?

     Chaque nuit mon corps sanglote!

     Haggar est seulement ta servante

     Alors que moi, je suis ta femme légitime!

      Souvent il me semble que le reflet

     De l’étoile dans la vitre,

     Est l’Ame de notre enfant

     Qui plane par ici tous les soirs

     Dans la pluie, les ombres, le vent...

      Abraham sourit, reste silencieux

     Et tire de sa pipe des volutes de fumée

     “ Ca viendra ma femme car si Dieu le veut

     Même un balai peut tirer comme un fusil.. ”

      Quand parfois je vois l’enfant de Haggar

     Jouer avec le soleil dans le sable,

     Et que je lui caresse doucement la tête,

     Ma main, bizarrement, devient brusquement triste!

      Et quand je prends cet enfant sur les genoux,

     Et qu’il sourit de plaisir et de joie,

     Mes yeux s’agrandissent et pleurent,

     Et mon sang, bizarrement, se glace de tristesse.

      Abraham, quand auront-nous un enfant?

     Nous sommes déjà âgés!

     Bien des gens à notre âge,

    Ont déjà leur dix-huitième enfant!

     Abraham sourit, reste silencieux

     Et tire de sa pipe des volutes de fumée

     " Ca viendra ma femme car si Dieu le veut

     Même un balai peut tirer comme un fusil ..”  

      

                            EVE ET LE POMMIER

     Près du pommier se tient Eve. 

    Le soleil couchant est d’or.

     Que sais-tu, mère Eve?

     Que sais-tu de la mort?

      La mort c’est le pommier,

     Qui incline ses branches fatiguées;

     Et sur l’arbre l’oiseau du soir,

     Qui chante son chant dans le noir.

     Adam est parti très tôt

     Seul dans la forêt sauvage

     Adam dit: “ la forêt est sauvage

     Et tout ce qui est sauvage est beau ”.

       Mais elle a peur de la forêt.

     Elle est attirée par le pommier.

     “ Et puisque tu ne viens pas à Lui, Eve,

     C’est Lui qui vient vers toi, en rêve”.

      Il murmure, et sur elle s’est incliné.

      Eve entend ces mots: “ Ta destinée,

      Est d’oublier ce que Lui,

     Le Très Grand t’a interdit... ”

     Et Eve cueille une pomme.

     Tout lui semble étrangement léger,

     Amoureuse, elle tourne autour de l’arbre comme

    Un grand papillon aux ailes déployées.

      

    Et “ Celui ” qui a interdit le pommier,

     Avoue lui même: “ quelle beauté! ”.

     Et retient encore un instant

     Le beau soleil couchant.

      Ceci est le rêve de chaque nuitée.

     Mais quelle est la réalité?

     Et Eve sent l’arbre pleurer

     Le long de sa chevelure dorée.

     “ Ne pleure pas, beau pommier 

    Tu murmures et chante en moi.

     Et tu es plus fort que la destinée

    Qui me met en garde contre toi ”.

     Et Eve entoure le pommier sublime

     De ses deux mains, amoureusement,

     Et au dessus de la cîme,

     Frémissent les étoiles religieusement.

     

    Yiddish Panthéon : « Aux gressere Menschn, le Yiddishland reconnaissant ».

    On a tout dit des grands hommes de culture juive. Tout et n’importe quoi ! Surtout n’importe quoi. Il était temps que d’éminents historiens, commandités par la CCE, nous livrent la véritable biographie des personnages célèbres de notre Panthéon.

     

    Aujourd’hui : Karl Marx 

     

    Né à Trèves, Karl était l’aîné d’une grande fratrie au sein de laquelle se trouvaient également un fou moustachu, un obsédé sexuel muet, un pianiste délirant. Et pendant que Groucho roulait des yeux exorbités à Mme Drumont, que Chico jouait aux courses et qu’Harpo courait après les demoiselles en lançant des coups de klaxon, Karl poursuivait une scolarité studieuse.

    Un jour de premier mai, pour une sombre histoire de ballon crevé à la récréation, les élèves de CM2 s’attaquèrent à ceux de CM1 dont Karl faisait partie. Depuis cet événement, le jeune garçon prit l’habitude de rassembler chaque année, à la même date, ses anciens camarades, pour célébrer ce qu’il appela à cette époque « la bagarre des classes », dénomination qui devait changer par la suite. Ce rassemblement consistait en une promenade entre la Bastilllien Platz et la Respublik Platz.

    C’est au cours d’une de ces manifestations qu’il rencontra une jeune fille du nom de Jenny de Wesphalen. Comme elle était belle et gentille, et qu’il l’avait aperçue au début de la manifestation, il lui écrivit une chanson d’un romantisme réaliste : In der Bastillien, on l’aime bien, Jenny peau de chien.

    Très vite, il décida de l’épouser. C’était une femme au caractère constant, et auprès de laquelle il trouvait le repos nécessaire au mûrissement de ses convictions. Elle ne se laissait jamais aller à la colère, C’est pour ça qu’il la surnomma Jenny sans bouillir.

    Au temps des premiers projets professionnels, il envisagea d’ouvrir un grand magasin de vêtements et objets divers à son nom, et de s’associer avec son ami Heinrich Spencer. Mais cela n’eut pas de suite.

    Il se tourna alors vers un autre ami, Friedrich Engels, avec lequel il passait de longs moments à échafauder l’avenir. Usagers habituels du bus de la Petite Ceinture, ils profitèrent du temps passé dans ces transports publics pour écrire le Manifeste du PC, un roman de science-fiction qui connut un grand succès. Un magazine littéraire, dithyrambique, n’hésita pas à le qualifier du terme d’ « Evangile selon saint Marx. »

    Les journaux people s’emparèrent de ce personnage haut en couleurs et l’affublèrent de multiples surnoms. Lorsqu’il visitait une usine, c’était « Marx de fabrique » ; quand il s’emportait contre les cadences infernales, c’était « Marx ou crève ». Les paparazzi le suivirent dans son voyage à Venise et immortalisèrent son passage place saint Marx.

    Certains journalistes lui forgèrent une réputation mondiale en lui prêtant la découverte de concepts qui doivent plus à des quiproquos qu’à une mûre réflexion. On rapporte ainsi que son neveu Abel possédait un chien qu’on appelait Pluto. Et lorsque ce dernier se grattait en présence d’invités, Karl Marx, gêné, en faisait la réflexion au jeune homme en ces termes : « Abel, Pluto gratte ». Entendu à travers sont fort accent prussien, ceci fut mal compris, et donna naissance à l’expression « A bas le ploutocrate », ce qui, on le conçoit aisément, ne veut strictement rien dire.

    Impressionné par les intellectuels français qui dénonçaient le « parisianisme » de Saint Germain des prés, Karl Marx fit une étude comparative des habitudes dans diverses grandes villes d’Europe, et étendit cette dénonciation à toutes les capitales par un terme générique qu’il appela « capitalisme » et qu’il pointa du doigt comme étant un frein au développement des peuples. Les éléments fédérateurs de cette dénonciation furent les places boursières qui, comme chacun le sait, concentrent autour d’elles les restaurants huppés auxquels les simples ouvriers ne peuvent avoir accès.

    Aujourd’hui encore, chacun reconnaît Karl Marx comme étant le premier barbu à gauche sur les tracts des groupuscules du même nom.

     

     

     

     

    Guy Perelman

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