Association des Amis
de la Commission
Centrale de l'Enfance
ASSOCIATION DES AMIS
DE LA COMMISSION CENTRALE DE L'ENFANCE
A noter :
PROJECTION-DÉBAT
L’AACCE et le Centre Medem Arbeter Ring présentent
NOUS ETIONS DES ENFANTS…
Vendredi 9 mars 2012 à 20h30
au Centre Medem-Arbeter Ring 52 rue René Boulanger 75010 Paris
________
L’AACCE VOUS INVITE
à rencontrer
Ivan JABLONKA
Autour de son livre :
Histoire des grands-parents que je n’ai pas eus.
Vendredi 16 mars 2012 à 20h30
dans les locaux du Farband, situés au 5 rue des Messageries Paris 10e
à quelques pas du 14 rue de Paradis
Association des Amis
de la Commission
Centrale de l'Enfance
L’autre jour, je me promenais dans la rue des Rosiers. Il faisait beau. C’était un samedi matin, pendant Pessah, et la rue était tranquille. Je marchais d’un bon pas tout en sifflant un air gai dont je ne me souviens plus exactement le titre.
Soudain, au coin de la rue Ferdinand Duval, deux rabbins m’interpellent. Des rabbins en tenue avec chapeau, redingote et tout le reste : tenue réglementaire, quoi. Je ne les avais pas vus car ils étaient masqués par un panneau publicitaire vantant les voyages en Israël. - Vous, là, me dit l’un d’eux. Arrêtez-vous un instant.
- Pardon, fis-je tout étonné.
- C’est pour un contrôle, renchérit le second rabbin.
- Un contrôle ?
J’étais abasourdi.
- Contrôle rabbinique, reprit le premier sur un ton péremptoire et en levant vers le ciel, un doigt implacable.
Ne me laissant pas le temps de me remettre de ma surprise, il ajouta :
- Vous avez vu à quelle vitesse vous avancez dans la rue des Rosiers ?
- Mais... je...
- Et en sifflant, en plus ! Un air profane !
Silence de ma part. La réalité dépassait l’entendement.
Le second rabbin intervint :
- Excès de vitesse et tapage au moment de la prière !
- C’est une blague ? demandai-je.
- Ne discutez pas, on vous a vu. De plus vous venez de dépasser deux hassidim en train de discuter. Vous ne savez pas qu’il est interdit de dépasser des hassidim à cet endroit ? Et tout à l’heure, au coin de la rue Pavée, que s’est-il passé ?
- Au coin de la rue Pavée ?
- Oui, quelqu’un vous a parlé.
- Ah oui, c’était un hassid qui me demandait d’assister à la prière.
- Et vous avez refusé ?
- Mais oui, je...
- Participer au Minian est une règle prioritaire pour un Juif qui se respecte. Refus de priorité, vous êtes dans de beaux draps !
Et voyant que je portais sous le bras un paquet enveloppé dans du papier journal, le second rabbin ajouta :
- Montrez moi vos papiers.
Je déroulai le journal et mis à jour un superbe hareng gras.
- Vous l’avez eu dans une charcuterie juive, me demanda-t-on.
- Oui, bien entendu.
- Et où l’emmenez-vous ?
- Chez un ami, rue de Turenne.
- Alors, comme ça, reprit le premier rabbin, vous obligez un hareng juif à voyager le jour du shabbat.
C’était hallucinant. J’avais l’impression de vivre un mauvais rêve. Le monde était devenu fou autour de moi, ou peut-être l’était-il déjà depuis longtemps, et je ne m’en étais pas aperçu.
- Ecoutez, commençais-je. Il y a là quelque chose que je ne comprends pas bien...
Le premier rabbin m’interrompit :
- Oh, mais dites donc, vous avez une drôle d’haleine. Soufflez un peu pour voir.
Je soufflai mécaniquement.- Ah, c’est bien ce qu’il me semblait. Odeur de pain frais ! Pendant Pessah ! Votre compte est bon, mon pauvre.
Excédé, je fis mine de partir.
- Oh, pas la peine de chercher à fuir. On vous suivra. Inutile d’ajouter à tout ça un délit de fuite. - Vous allez me suivre ?
- Oui, oui.
Soudain, j’eus une idée. Je plongeai mes mains dans mes poches et attrapai une poignée de petite monnaie. Puis, je pris un air mi-étonné, mi-angoissé.
- Là, vous avez vu ?
- Quoi ? Qu’est-ce qu’il y a ? demandèrent-ils ensemble.
- Vos mains, regardez vos mains.
Les deux rabbins tendirent les mains pour tenter de voir ce qui n’existait pas. En un éclair, j’y déposai quelques pièces et lançai un petit salut.
- Shalom shabbat, mes petits vieux ! Et attention, ne bougez pas d’un pas, On vous regarde, là-haut. Alors comme ça, on porte de l’argent, un jour pareil ?
Et je m’esquivai rapidement.
Depuis ce jour, je ralentis toujours un peu dans la rue des Rosiers, juste pour voir.
Guy Perelman
Un parc, avec une grande bâtisse blanche au fond. Diverses personnes se promènent, l’air plus ou moins hagard. Des infirmières vont et viennent.
- Monsieur, vous marchez sur la laisse de mon animal de compagnie.
- Oh qu’il est mignon. Mais dites-moi, de quelle race est-il ?
- Monsieur, on ne parle pas de race. Tout au plus vous pourriez dire « espèce ».
- Soit. De quelle espèce est-il ?
- Vous ne voyez pas que c’est un stylo ?
- Si. Je n’osais pas le dire. Mais pourquoi un stylo ?
- Je n’aime pas les chiens. Ca fait des saletés.
- Celui-ci n’en fait pas ?
- Il bave un peu de temps en temps.
- Quel est son nom, à ce joli petit stylo ?
- Waterman.
- Waterman, Waterman. Ca ne serait pas un peu Juif ?
- Monsieur, même en France, tous les stylos ne s’appellent pas Dupont.
- C’est exact, mais il existe d’autres noms un peu moins... typés.
- Impossible, c’est l’année des W. Là où je l’ai trouvé, on me proposait le choix entre Waterman, Weiss, et Wishinsky.
- Et pourquoi pas Wishinsky ?
- Vous me vexez, monsieur. Vous trouvez que mon stylo a une tête de polak.
- Non, pas vraiment.
- Et puis, c’en est assez. Je dois rentrer. C’est l’heure de ma douche. Vous voyez, monsieur, le plus terrible, c’est que la nuit, je ne peux pas le prendre près de moi. C’est à cause de la camisole. Au revoir, monsieur.
- Au revoir, monsieur. Guy Perelman
Moïse
Moïse naquit dans une famille traditionnelle de la tribu des Lévy. Pendant que son père faisait de l'import-export de schmatès, sa mère confectionnait des berceaux en osier qu'elle vendait sur le marché de Vilno. Certains produits de luxe expédiés chez Lancel ou Vuitton étaient garantis insubmersibles grâce à une couche de goudron. Mais ils étaient rares à cause de l'embargo sur le pétrole irakien.
Très jeune, Moïse fut passionné par les animaux. Il collectionnait des sauterelles, des grenouilles et d’autres bestioles au grand désarroi de sa mère qui se plaignait que ces petites bêtes étaient de véritables plaies pour elle, pour la famille, et même pour l'Egypte toute entière.
Une jeune fille au pair l'emmenait souvent au zoo de Vincennes. Un jour, alors qu'il contemplait les singes, il entendit la voix de Pharaon, sur un transistor, déclarant que tous les premiers nés d'Israël devaient être passés par l'épée. Moïse prit peur et s'enfuit à perdre haleine. La jeune fille se mit à hurler :
- Moïse s'est sauvé du zoo, Moïse s'est sauvé du zoo !
C'est ainsi qu'elle perdit sa trace.
La fille de Pharaon qui passait par là un dimanche soir en rentrant de Deauville, recueillit le jeune garçon. Elle l'appela "Moïse" car il s'était sauvé du zoo. Cette allégorie est incompréhensible, à moins que ce ne soit en souvenir de Moïse Rubinstein, qui habite près du zoo à Saint-Mandé dans un appartement très clair et très propre, juste à la sortie du métro, dans une rue commerçante mais pas trop bruyante. Certains commentateurs se demandent encore aujourd’hui ce que la fille de Pharaon faisait avec un Rubinstein, dont la mère avait arrangé le mariage d'Isaac et Rebecca, mais ce n'est pas notre affaire.
Rubinstein ou pas, la fille de Pharaon éleva l'enfant comme son propre fils. Sans le savoir, elle donna Moïse en nourrice à la propre mère de celui-ci, ce qui ne fut pas sans conséquence sur sa recherche d'identité, et sur le choix de l'objet vers lequel orienter son complexe d'Oedipe. Ce fut une période pendant laquelle Freud consomma beaucoup d'aspirine.
Moïse grandit, entouré d'affection. Plus il grandissait, plus il ressemblait à Charlton Heston - les armes à feu en moins - ce dont ses mères n'étaient pas peu fières. Toutes les jeunes filles du collège se pâmaient lorsqu'il arrivait le matin sur son char à 6 chevaux, carrossé par Bertone.
Quant à Ramsès, prétendant au trône de Pharaon, son regard courroucé lui donnaient un faux air de Yul Brunner.
Un jour, en état de légitime défense, Moïse tua un garde Egyptien. La bande vidéo est là pour l’attester et a été versée au dossier sous la référence 4380 AZ. Mais Edward J. Robinson, qui avait assisté à la scène, s'empressa d'en informer Yul Brunner, et celui-ci, pour le remercier, promit d'intercéder pour que le cachet soit rapidement versé par les studios M.G.M. malgré la prétendue crise du cinéma.
Pour punir Moïse de cet acte, Ramsès l’abandonna à l'entrée du désert sans même un 4x4 et un mécanicien pour franchir l’étape du Paris-Dakar.
Le premier soir Moïse s'endormit donc à mille milles de toute région habitée. Il était bien plus isolé qu'un naufragé sur un radeau au milieu de l'océan. Alors, vous imaginez sa surprise quand, au lever du jour, il ne vit pas le Petit Prince. Il se frotta les yeux, et se mit à blasphémer car il s'était mis du sable avec ses doigts collants de confiture.
Et au lieu de se rendre au Club Med d’Eilat, où l’attendait madame Rubinstein, il parvint au puits de Madian.
C'est à ce moment que se termine la première bobine du film, et que l'opérateur doit intervenir, s’il n’est pas trop perturbé par la présence chaleureuse de l'ouvreuse venue faire un brin de causette, et plus si affinités.
Le prêtre de Madian ne possédait que des filles. Il vit donc d’un bon oeil Moïse prendre Séphora pour épouse et proposer de devenir berger. Un jour qu’il avait mené les bêtes au pied du mont Horeb, il aperçut un buisson qui brûlait mais ne se consumait pas.
- Eurêka ! s’exclama-t-il. Depuis le temps que Séphora réclame une fausse cheminée pour notre tente, voilà la solution.
Mais D. l’interpella :
- Moïse, Moïse !
- Me voici, répondit le visiteur.
- Moïse, n’approche point d’ici, car cette terre est sacrée. Ote tes sandales de tes pieds car le parquet a été ciré ce matin. Et fais gaffe, sinon madame Jehovah va encore me passer un savon.
Moïse ôta ses sandales en grommelant :
- Heureusement que cette foutue Histoire se passe au Moyen-Orient ! Si mes ancêtres avaient vécu en Pologne, ce serait un coup à attraper une pneumonie.
De là vient l’origine du fait que les Musulmans se déchaussent dans les mosquées, alors que les Juifs ashkénazes se couvrent d’un châle et d’une kippa dans des synagogues pas très bien chauffées.
Puis le dialogue s’instaura avec D., le premier d’une longue habitude :
Moïse : Qui me parle ?
D. : Je suis le D. de ton père, le D. d’Abraham, le D. d’Isaac et le D. de Jacob.
Moïse : Ca va comme ça, Tu ne vas pas me refaire toute l’Histoire.
D. : En tout cas, les plaintes des Hébreux sont parvenues jusqu’à Moi.
Moïse, en aparté : On dira ce qu’on voudra, l’Administration c’est long, mais rien ne se perd.
D. : Va, je t’envoie auprès de Pharaon afin de faire sortir mon peuple d’Egypte.
Moïse : Euh, ça ne peut pas attendre demain ? Ce soir, il y a un match de foot à la télé. Et si tu envoyais un fax, tout simplement ? De toute façon, quand je serai là-bas, s’ils me demandent ton nom, que répondrai-je ?
D. : Je suis qui Je suis, un point c’est tout.
Moïse : Ah non, c’est un peu court jeune homme. C’est pas suffisant. Ca passerait mieux avec la photocopie de Ta carte d’identité, une fiche d’état civil, deux photos et un justificatif de domicile.
D. : Va, Moïse, et arrête de me les gonfler, sinon j’envoie quelqu’un d’autre.
Moïse se présenta donc devant Pharaon avec son frère Aaron.
- D. m’a envoyé vers toi. Laisse sortir mon peuple d’Egypte afin qu’il aille fêter son D. dans le désert. Yul Brunner lui fit un clin d’oeil : - Arrête ton char, Moïse, déjà quand on était petits tu inventais n’importe quoi pour me piquer mes légo. Et puis, le désert, je n’ai que ça en Egypte, pourquoi iriez-vous ailleurs chercher ce que vous avez sous la main, sous les pieds, dans les yeux, les oreilles et les narines ?
- Puisque c’est ainsi, je vais réaliser des prodiges que D. m’a appris. Tu vas voir que tu seras épaté.
Aaron qui était très facétieux, renchérit :
- Epaté... pur porc, comme ìl se doit.
Moïse jeta à terre le bâton qui devint serpent.
- Fastoche, rigola Ramsès. J’ai vu le même tour hier soir au Cirque de Moscou.
- S’il n’y a que ça, j’en connais d’autres.
Et Moïse changea l’eau du Nil en sang. Il faut remarquer que ce ne fut pas facile pour les techniciens des effets spéciaux, car le film date de 1956, et ils n’avaient pas les mêmes moyens techniques que Spielberg.
Encouragé par son succès, Moïse poursuivit son spectacle sans même faire d’entracte. Il y eut l’invasion des grenouilles, puis les moustiques, les taons, la mort du bétail (ce qui n’a pas été simple non plus car la vache du premier plan avec la tache entre les cornes refusait de rester allongée pendant les prises de vues), puis les ulcères, la grêle, les sauterelles et enfin, les ténèbres, le plus facile car il suffisait de fermer le compteur EDF.
Il y eut de nombreux rappels. Moïse revint sur la scène :
- Tout spécialement pour Pharaon, je vais réaliser mon dixième et dernier prodige.
Et tous les premiers nés d’Egypte moururent. Et Pharaon ne trouva pas ça drôle, car son fils se trouvait dans la liste. Il se leva, et joignant le geste à la parole, il cria :
- Sortez d’ici, prenez tout ce que vous voulez et tirez vous.
Et c’est ainsi que le peuple d’Israël sortit d’Egypte, et il n’y revint que pour l’affaire de Suez.
Et pendant que le projectionniste mettait une nouvelle bobine, l’ouvreuse rajustait son corsage et se passait un coup de peigne.
Malgré la liberté retrouvée, tout n’était pas facile pour les 600 000 réfugiés (chiffre communiqué par les organisateurs, la Préfecture de Police n’étant pas tout à fait d’accord).
L’ONU était débordée, et Médecins sans Frontières attendait les sacs de riz envoyés par erreur en Somalie.
Conscient qu’il y avait encore une bonne heure de film à remplir, Pharaon appela les meilleurs gagmen d’Hollywood et ceux-ci eurent la bonne idée de poursuivre les Israélites. Bien leur en prit, car la meilleure scène était encore à venir et devait décider du succès de cette histoire.
Arrivé devant la mer, Moïse leva solennellement le bâton vers le ciel... et contre toute attente, rien ne se produisit. Mais le gardien du parking du mont Saint Michel sortit de son guichet :
- Qu’est-ce que vous voulez ?
- Euh, vous avez l’heure des marées ?
- Adressez-vous au Syndicat d’Initiatives. En attendant, vous me devez 4 Euros parce que votre chameau est sur un emplacement, et toute heure commencée doit être payée.
Et pendant que Moïse sortait un billet de 20 Euros en réclamant la monnaie, D. fit souffler un vent de tempête, et la mer s’ouvrit, et le billet s’envola, et tous les Juifs se précipitèrent pour le rattraper.
Et c’est ainsi que le peuple d’Israël traversa la mer rouge.
Les troupes de Pharaon arrivèrent à cet instant et s’engagèrent à leur tour. Mais les chars étaient bien trop lourds, surtout les AMX30, et ils s’enlisèrent au milieu des parcs à huîtres et des moules de bouchots.
C’est depuis ce jour que les fruits de mer sont proscrits de la nourriture sainte, par crainte d’y rencontrer des bouts de fer rouillés et des restes de soldats non cashers.
Moïse naquit dans une famille traditionnelle de la tribu des Lévy. Et pendant que son père faisait de l’import-export de schmatès, la salle se mit à siffler, et le projectionniste se rendit compte qu’il s’était trompé de bobine.
- Ecoute Sylvette - Sylvette, c’est le petit nom de l’ouvreuse - je ne sais plus ce que je fais. Tu me retournes la tête.
Et après une courte interruption de l’image, le peuple d’Israël arriva au pied du mont Horeb.
Vous noterez que cela est un raccourci préjudiciable à l’Histoire (avec un grand H) car, pour une fois qu’on pouvait voir les Juifs souffrir pendant 40 ans en traversant le désert, on aurait pu se rendre compte que ce n’est pas facile tous les jours d’être un peuple élu.
Guy Perelman
Chanson populaire publiée par M. Kipnis en 1918 dans Populerste folks-lider. Kipnis affirmait que cette chanson, originaire de Vilno, se référait à Yoshkè, célèbre membre de la pègre, qui terrorisait les marchands Juifs sur la place du marché. Quand la guerre Russo-Polonaise éclata en 1904, et que Yoshkè partit au front, les Juifs, ravis, en firent une chanson.
Koyf mir nit keyn lokenes
Un makh mikh nisht sheyn ;
Koyf dir a por shtivelekh
Tsum priziv darfstu geyn.
Refrain
Oy, oy, oy, oy,
Yoshke
Nokh a sho un nokh a sho,
Der peyezd geyt avek!
Zay zhe mir gezunt,
Mayn tayere kale,
Nokh dir vel ikh benken,
Mer vi nokh ale.
Oy, oy, oy, oy,
Yoshke
Nokh a kush un nokh a glet,
Der poyezd geyt avek.
Di ban iz shoyn gekumen,
Un es khapt mikh on a shrek!
Lomir zikh gezegenen,
Der poyezd geyt avek.
Klog zhe nisht un veyn zhe nisht,
S?iz altsding blote,
Ikh vel zayn bay fonyen
Der shenster in der rote.
(Pour ceux qui n'ont pas encore eu le temps d'apprendre le Yiddish, voici en quelques mots:
-Ne m'achète pas de cadeaux, et ne me demande pas de paraître jolie, mais achète toi une paire de bottes parce que tu dois partir à l'Armée. Oh! Yoshke s'en va. Encore une heure, et encore une heure, -Le train s'en va, sois en bonne santé ma chère fiancée, tu me manquera plus que tout. Le train s'en va et je suis pris de panique. Disons nous au revoir, le train s'en va. Ne te plains pas et ne pleure pas. Ce n'est rien, quand je serai dans l'armée du Tsar je serai le plus beau de la Compagnie?
YIDL MITN FIDL
Paroles du poète Itsik Manger (1901 ? 1969) musique de Abraham Elistein (1907 ? 1963) pour le film éponyme avec Molly Picon. Le refrain est sur le même air que celui d?une vieille chanson populaire Tsen brider (Dix frères)
Iber felder, vegn,
Oyf a vogn hey,
Mit zun un vint un regn,
Forn klezmer tsvey.
A khidesh, oy, à khidesh,
Zogt, ver zaynen zey?
Refrain
Yidl mint fidl,
Arye mitn bas,
Dos lebn iz a lidl,
To vozhe zayn in kas?
Hey, Yidl, fidl, shlmidl, hey,
Dos lebn iz a shpas.
A tsig shteyt oyf der lonke
Un meket troyrik: me!
Hey, du tsig, du shoyte,
Troyrik zayn iz fe !
Shoklt er dos berdl,
Take, take, fe!
A foygl flit:- gut morgn,
Gut morgn, a gut yor!
Der troyer un di zorgn
Tsu alde shvartse yor!
Dem vint a lakh in ponem,
Un Yidl, Yidl, for!
Pour ceux qui n'auraient pas encore eu le temps d'apprendre le Yiddish,(ou qui l'auraient oublié) voici en quelques mots:- Par les champs et les routes, sur une charrette à foin, par soleil, vent ou pluie, deux klezmers voyagent. Quelle surprise, dis moi qui ils sont? Yidl avec son violon, Arye avec son violoncelle. La vie est une chanson, alors pourquoi être de mauvaise humeur? He! Yidl, violon, la vie n'est qu'une plaisanterie! Une chèvre se promène dans un pré, et bêle tristement:- Meh! Etre triste, c'est bête! Et elle remue sa barbiche. En effet, c'est triste!- Un oiseau vole - Bonjour à vous, et bonne année, ne vous consumez pas de tristesse et de soucis! Riez, riez au vent, Yidl?
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