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A noter :

Pour permettre au plus grand nombre

de participer au voyage à Tarnos

du 25 au 28 octobre 2012

La date limite des inscriptions

est reportée au

30 juin 2012

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Rencontre avec

Guy Konopnicki

autour de son dernier livre

Vendredi 1er Juin

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Association des Amis
de la Commission
Centrale de l'Enfance

Yiddish Panthéon : « Aux gressere Menschn, le Yiddishland reconnaissant ».

 

On a tout dit des grands hommes de culture juive. Tout et n’importe quoi ! Surtout n’importe quoi. Il était temps que d’éminents historiens, commandités par la CCE, nous livrent la véritable biographie des personnages célèbres de notre Panthéon.

Aujourd’hui : Albert Einstein.

 

 

Albert Einstein est né en 1879, comme beaucoup d’autres. Ce n’est donc pas cette particularité qui le prédestinait à devenir LE Albert Einstein que l’histoire nous a laissé. Néanmoins, il est bon de préciser qu’il est né à Ulm en Allemagne, ce qui restreint considérablement le champ de recherches au sujet de ce physicien génial.

Certains héraldistes prétendent qu’il serait de descendance française. En effet, on a retrouvé dans les annales de la Grande Armée une référence au grenadier Hunepierre, qui a participé à la fameuse bataille napoléonienne en 1805, et s’est installé dans la ville à la fin de sa conscription. De Hunepierre à Einstein, la translation paraît tout à fait plausible. Sachant qu’au cours de sa vie, l’inventeur fut successivement Allemand, Suisse et Américain, rien de s’oppose à ce qu’il fût Français aussi.

Très tôt, Albert, enfant, fut attiré par les pronoms relatifs qui, en allemand comme en yiddish commencent presque tous par des « W ». Ainsi, il n’hésitait pas à interpeller son professeur par des « wouss, wem, wie » exaspérants.

Et lorsque ce dernier lui prédit qu’il ne ferait pas grand-chose de bon dans la vie, le petit effronté lui répondit par son célèbre : « bah, tout est relatif ».

Nul n’ignore que c’est en référence à ces fameux « w » d’Einstein que les créateurs d’internet utilisèrent les adresses « www ».

Vers l’âge de 14 ans, Einstein commença à s’intéresser au domaine physique, surtout celui de sa cousine Emily, dont les formes avantageuses et ondoyantes lui donnèrent l’idée d’étudier le mouvement ondulatoire, à l’origine de la mécanique quantique. Bien lui en prit, puisque c’est pour ces découvertes très ondulantes qu’il reçut le Prix Nobel.

Sa gloire toute nouvelle faillit ternir à cause de journalistes peu scrupuleux travaillant pour un magazine à scandale. En épluchant son carnet intime, on découvrit par son annotation E=MC², qu’il avait abusé par deux fois d’une jeune élève du nom de Marylin Crawford dans la salle E de l’université de Princetown, et on la rapprocha d’autres formules telles que V > G (Veronica est mieux que Greta), ou m = f/g (Mark a vu Franck et Greta dans une drôle de position).

Albert Einstein fut encore un des précurseurs de l’abaissement de l’âge de la retraite, puisque après la théorie de la relativité restreinte élaborée à l’âge de 25 ans, il n’a plus rien découvert, se contentant de tirer la langue aux journalistes.

 

 

Guy Perelman

Yiddish Panthéon : « Aux gressere Menschn, le Yiddishland reconnaissant ».

 

On a tout dit des grands hommes de culture juive. Tout et n’importe quoi ! Surtout n’importe quoi. Il était temps que d’éminents historiens, commandités par la CCE, nous livrent la véritable biographie des personnages célèbres de notre Panthéon.

Aujourd’hui : le capitaine Dreyfus

 

 

Contrairement aux allégations de certains historiens peu scrupuleux, le prénom de Dreyfus n’était ni Capitaine, ni Jean Claude, et ses parents ne tenaient pas un magasin de Délicatessen ; mais Alfred, ce qui peut expliquer son goût prononcé pour les romans d’espionnage Hitchkockiens.

En réalité, fils de commerçants drapiers du quartier Saint Pierre, aux pieds de Montmartre, le capitaine Dreyfus vécut une enfance insouciante jusqu’au jour où il s’intéressa aux origines de sa famille.

Troublé par les interrogations pernicieuses de ses camarades de classe, il demanda à ses parents s’il était vrai que les noms juifs pouvaient de traduire en Français. Il se vit alors répondre, qu’en effet, Rosenberg pouvait se dire Montagne de roses, et Goldman, Homme d’or. « Et Dreyfus ? »   demanda le jeune garçon. Ce à quoi, son père lui expliqua que ce nom pouvait provenir de Dreï fiss, c'est-à-dire « trois pieds ».

Comme tous les garçons de son âge, Alfred se précipita aux toilettes pour vérifier si son anatomie pouvait lui permettre de faire front à une telle hérédité, mais il en ressortit très déçu.

Il en conçut dès lors, une grande admiration pour son père, et vécut dans l’angoisse de se trouver un jour dégradé au nom de « Tsweïfuss* ».

Au cours d’une séance de thérapie chez Sigmund Freud, Alfred Dreyfus, feuilletant une revue militaire tomba en arrêt devant l’image d’un capitaine de dragons. Face à cette gravure d’un fier militaire portant un long sabre le long de se jambes, il eut l’illumination de sa vie et décida de devenir capitaine.

Fidèles à une longue tradition d’antisémitisme, les élèves officiers le taquinaient souvent en faisant mine de briser son sabre. Emile Zola, passant par hasard devant la caserne, les interpella. « Laissez-le tranquille, vous voyez bien que c’est un innocent ! » s’exclama t’il.

Cette répartie trouva un écho démesuré dans la presse de l’époque, et la France se divisa en deux camps.

SOS Racisme et le MRAP s’indignèrent que des clients demandent à Dreyfus père « comment vont les affaires ? » Le colonel Picquard, surnommé le surgelé à cause de son aspect peu engageant, prit également la défense du capitaine dans une sombre affaire au cours de laquelle un homme livra à l’avance à Schwartzkoppen, sélectionneur allemand, la composition de l’équipe de France qui devait jouer le lendemain soir au Stade France, match télévisé à 20h 45 sur TF1, comme d’habitude.

Victime d’une grave erreur, Dreyfus fut exclu et envoyé jouer en 3° division dans une équipe guyanaise, les « Bagnards de l’île du Diable. »

Emile Zola publia un article dans l’Equipe, et après une longue lutte qui ébranla les assises de la FIFA, Dreyfus fut réintégré à l’aile gauche à la place d’Esterhazy, et retrouva son brassard de capitaine.

 

 

Guy Perelman

 

 

* littéralement et approximativement : « deux pieds »

  Itzikh MANGHER   -  Extraits de "La Génèse"  -   (traductions : TEPY

             EVE APPORTE LA POMME A ADAM 

 

Adam, le premier homme, est étendu dans l'herbe 

Et s?amuse à cracher vers les nuages

Alors le nuage supplie Adam 

"Adam, mon chou, arrête!" 

 

Adam lui tire la langue

"Taratata, taratata" 

Et dans un rayon de soleil, envoie un crachat, 

"Tiens, regarde et prend ça..." 

 

Le nuage s'essuie avec sa grosse patte 

Et rugit de colère: 

Bien sûr, quand on ne fait rien toute la journée 

Et que l'on n'a aucun but dans la vie! 

 

Adam rigole, s?esclaffe, 

En montrant ses belles dents blanches. 

Arrive de la verte allée des pommiers 

Eve, notre mère à tous 

 

"Où étais-tu Eve, ma femme? 

Où étais-tu mon enfant?" 

"J'étais dans l'allée des pruniers 

Et je papotais avec le vent" 

 

"Tu n'étais pas dans l'allée des pruniers, 

Tu me dis vraiment un mensonge, 

Ton corps embaume la pomme, 

Ainsi que ta chevelure...." 

 

"C'est vrai, j'étais dans l'allée des pommiers, 

J'ai vraiment mauvaise mémoire" 

"Tu as bien deviné, Adam chéri 

Que Dieu te bénisse!"

 

"Que faisais-tu dans l'allée des pommiers 

Eve mon enfant adorée?" 

"Je papotais avec le serpent 

A propos du péché originel!" 

 

Et la pomme dans ses mains se met à trembler 

Et à envoyer des feux de toutes les couleurs, 

Et le crépuscule étend son ombre 

Sur leur passion mortelle 

 

Adam est fébrile, ne comprends pas 

Ce qui lui arrive, 

Pourquoi la voix d'Eve est soudain 

Si tendre et suave?! 

 

Il tend sa main tremblante vers elle 

"Que fais-tu Adam? mais que fais tu donc? 

La nuit enveloppe les deux silhouettes 

Et ...chut.... 

 

 

 

 

            ABRAHAM LE PERE SERMONNE LOTH  

 

- Loth, il me faut te dire - fi! 

Tu bois chaque nuit, tu te saoules, 

Hier encore au Cerf d?or tu fis 

Grand scandale parmi la foule!

 

                                    Passe pour Manger, tailleur à la manque, 

                                    Mais de toi ce n'est pas digne vraiment! 

                                    Il te faut élever deux filles, 

                                    Tu es grâce au Ciel un Juif opulent.

 

 Tu possèdes moutons et chèvres

Obéis-moi, le Seigneur crains! 

On dit déjà "saoul comme Loth"

De tout gentil qui boit son plein  

 

                                    Je comprend parfois que l'on trinque 

                                    A table au soir du Vendredi, 

                                    Quand du Sabbat brûlent les bougies saintes 

                                    Quand on mange poisson farci, 

 

Mais pas comme toi jour et nuit 

Un homme peut-il n'en être point las? 

Passe pour Gabriel le Chrétien du Sabbat 

Mais certes pas pour un  bon Juif ! 

 

                                    Pense à ce qu'un jour on va dire: 

                                    "Le père Abraham pour parent 

                                    Eut complet ivrogne, et c'est chose pire 

                                    Que conversion d'un croyant." 

 

Puisqu'on en parle, alors écoute-moi: 

N'es-tu point un père?- Ah quel mal j'endure! 

Rien ne te fait que fuit le marieur

Ta porte et ton seuil comme tas d'ordures? 

 

                                    Que même un quelconque enfant de tailleur

                                    Etre ton gendre ne veut point? 

                                    Vont s'argenter les tresses  de tes filles, 

                                    Tout cela pour l'amour du vin? 

 

Loth, il me faut te dire - fi ! 

Tu bois chaque nuit, tu te saoules,

Hier encore au Cerf d?or tu fis 

Grand scandale parmi la foule! 

 

                                    Passe pour Manger, tailleur à la manque, 

                                    Mais de toi ce n'est pas digne vraiment! 

                                    Il te faut élever deux filles, 

                                    Tu es grâce au Ciel un Juif opulent.  

 

                                            I. MANGER                      (Extrait de "Chansons bibliques") 

 

 

ABRAHAM, NOTRE PERE, AIGUISE LE COUTEAU

 

Sarah, coiffée de blanc

Est assise pensive

Sa joie dans son coeur est comme un vol d'hirondelle.

 

Isaac, prunelle de ses yeux 

Joue dans le sable doré.

Des montagnes proches tombe la nuit bleutée. 

 

Elle sourit: un mois déjà que Haggar est partie

Avec son bâtard Ismaël

Elle regarde Isaac et jubile. 

Est-ce un rêve ou une réalité?

Il ressemble à son père: le même nez, les mêmes cheveux.

Comme un champignon il grandit, grâce à Dieu,

 Et avec quelle candeur il dit:   "Maman, pipi". 

 

 Mais que se passe-t-il 

Avec Abraham aujourd'hui?

Il est assis seul dans la cour, 

Et aiguise sur une pierre son couteau.

 

Sa barbe grise tremble,

Et il murmure des mots bizarres: 

"Tu veux me mettre à l'épreuve, Oh Dieu, 

 Me voilà, je suis prêt". 

 

Du verger voisin les pommiers embaument,

L'odeur est portée par le vent, 

Et une douce berceuse: liou-liou-liou et a-a-a 

Endort l'enfant.

 

Et tenant le couteau dans la main

Abraham est là qui écoute 

La tendre berceuse 

Qui enveloppe la terre entière.  

 


            Haggar erre sur la route  

 

Assise sur une pierre, au milieu du chemin,

Haggar pleure, 

Accablée de chagrin, 

Et demande aux Alizés 

De quel côté se diriger. 

 

"Va vers l'Ouest" dit le premier, 

"Plutôt vers l?Est" , dit le second! 

Et le troisième, un sacré polisson,

Batifole dans ses cheveux.

 

Alors, elle s'adresse aux oiseaux 

Qui volent dans toutes les directions: 

"Va vers le Nord" dit l'un! 

"Non, vers le Sud", dit l'autre...

 

Haggar pleure: "O, notre père au Ciel! 

Moi, une servante fidèle, 

Je dois supporter à présent, 

Les moqueries des oiseaux et du vent"... 

 

 Mais voilà qu'elle lève le regard, 

Et aperçoit une caravane! 

Dans un manteau vert en brocard 

S'avance le Sultan de Turquie, 

 

Il vient tout près d'elle et lui dit: 

"Serais tu Haggar par hasard? 

La servante d'Ibrahim? 

 

Et ce tout petit enfant 

Est Ismaïl, assurément! 

Le Prophète nous a fait savoir 

 

 

Il se prosterne devant Haggar

Et  s'agenouille dans la poussière, 

"Nous avons retrouvé notre honneur, 

Allah, Allah, béni sois-tu!" 

 

Et Haggar reste émerveillée,

Doutant de la vérité. 

Tandis qu'une lune argentée, 

A dans ses cheveux scintillé!  

 

 

            SARAH CHANTE UNE CHANSON AU PETIT ISAAC  

 

Sarah, la maman berce son  enfant 

Dors, Itzrokl, petit père, dors 

Les moutons paissent dans le pré 

Et avec eux est le berger 

 

Dit un agneau: il fait jour 

Le deuxième dit: il fait nuit 

Pour preuve, Berl le mercier 

Tient sa boutique fermée. 

 

Pour preuve: de chez Dovid-Ber le forgeron

Ne sort aucun son

our preuve; Leizer le meunier, que je sache

Ne tourne devant son moulin que sa moustache. 

 

Dit le premier: non, il fait jour 

Pour preuve: dans la maison de prière du Gouene

Traité du Sabbat, à la souris est enseigné 

Par le chat tacheté.

 

Pour preuve: sur le toit du Chantre

La chèvre du tailleur s'alimente 

Et Itzrokl le petit 

Ne dors pas encore dans son lit 

 

Dit le petit berger: nou ma 

Et bien, allons tous demander 

S'il fait jour ou nuit 

A Itzroklen lui-même

 

Nou aï liou liou liou Itzrokl 

Nou aï liou liou liou dors 

Déjà se tient devant notre maison

Le berger et ses moutons 

 

Nou, petit berger silence, pas de bruit 

Tu vois bien qu'il fait nuit 

Pour preuve: Itzrokl Avinou, notre père, eh 

A enfin les yeux fermés 

 

Pour preuve: sur le pavot ont étincelé

Sept gouttes de rosée

Et la poule et le coq sur le perchoir 

Dorment car il fait noir 

 

Dit le petit berger: nou ma

Et silencieusement il marcha

Et dans sa petite flûte emporta

La chanson de maman Sarah 

 

 

            JACOB RENCONTRE RACHEL  

 

Jacob, fatigué, se traîne dans le soleil couchant 

"Là sur la gauche est une fontaine, 

C'est bien ici, assurément!" 

Il consulte son livre de la Genèse: 

"Mais oui bien sûr que c'est là! 

Alors, comment se fait-il, déjà 

Qu'elle ne soit pas encore là?" 

 

"La voila! elle accourt sur le chemin, 

Aï, mon père, avec sa cruche à la main! 

Bien plus belle que dans mon livre,

L’autre jour, je me promenais dans la rue des Rosiers. Il faisait beau. C’était un samedi matin, pendant Pessah, et la rue était tranquille. Je marchais d’un bon pas tout en sifflant un air gai dont je ne me souviens plus exactement le titre. 

 Soudain, au coin de la rue Ferdinand Duval, deux rabbins m’interpellent. Des rabbins en tenue avec chapeau, redingote et tout le reste : tenue réglementaire, quoi. Je ne les avais pas vus car ils étaient masqués par un panneau publicitaire vantant les voyages en Israël.  - Vous, là, me dit l’un d’eux. Arrêtez-vous un instant. 

 - Pardon, fis-je tout étonné. 

 - C’est pour un contrôle, renchérit le second rabbin.  

- Un contrôle ?  

J’étais abasourdi.  

- Contrôle rabbinique, reprit le premier sur un ton péremptoire et en levant vers le ciel, un doigt implacable.   

Ne me laissant pas le temps de me remettre de ma surprise, il ajouta :   

- Vous avez vu à quelle vitesse vous avancez dans la rue des Rosiers ?   

- Mais... je...  

- Et en sifflant, en plus ! Un air profane !   

Silence de ma part. La réalité dépassait l’entendement.   

Le second rabbin intervint :  

- Excès de vitesse et tapage au moment de la prière !  

- C’est une blague ? demandai-je. 

- Ne discutez pas, on vous a vu. De plus vous venez de dépasser deux hassidim en train de discuter. Vous ne savez pas qu’il est interdit de dépasser des hassidim à cet endroit ? Et tout à l’heure, au coin de la rue Pavée, que s’est-il passé ?   

- Au coin de la rue Pavée ? 

- Oui, quelqu’un vous a parlé.  

- Ah oui, c’était un hassid qui me demandait d’assister à la prière.   

- Et vous avez refusé ?   

- Mais oui, je...   

- Participer au Minian est une règle prioritaire pour un Juif qui se respecte. Refus de priorité, vous êtes dans de beaux draps !   

Et voyant que je portais sous le bras un paquet enveloppé dans du papier journal, le second rabbin ajouta :   

- Montrez moi vos papiers. 

 Je déroulai le journal et mis à jour un superbe hareng gras.   

- Vous l’avez eu dans une charcuterie juive, me demanda-t-on. 

- Oui, bien entendu.   

- Et où l’emmenez-vous ?   

- Chez un ami, rue de Turenne.  

- Alors, comme ça, reprit le premier rabbin, vous obligez un hareng juif à voyager le jour du shabbat.  

C’était hallucinant. J’avais l’impression de vivre un mauvais rêve. Le monde était devenu fou autour de moi, ou peut-être l’était-il déjà depuis longtemps, et je ne m’en étais pas aperçu. 

- Ecoutez, commençais-je. Il y a là quelque chose que je ne comprends pas bien...   

Le premier rabbin m’interrompit :   

- Oh, mais dites donc, vous avez une drôle d’haleine. Soufflez un peu pour voir.  

Je soufflai mécaniquement.  

- Ah, c’est bien ce qu’il me semblait. Odeur de pain frais ! Pendant Pessah ! Votre compte est bon, mon pauvre.   

Excédé, je fis mine de partir.   

- Oh, pas la peine de chercher à fuir. On vous suivra. Inutile d’ajouter à tout ça un délit de fuite.  - Vous allez me suivre ?   

- Oui, oui.   

Soudain, j’eus une idée. Je plongeai mes mains dans mes poches et attrapai une poignée de petite monnaie. Puis, je pris un air mi-étonné, mi-angoissé.  

- Là, vous avez vu ?   

- Quoi ? Qu’est-ce qu’il y a ? demandèrent-ils ensemble.  

- Vos mains, regardez vos mains.  

Les deux rabbins tendirent les mains pour tenter de voir ce qui n’existait pas. En un éclair, j’y déposai quelques pièces et lançai un petit salut.  

- Shalom shabbat, mes petits vieux ! Et attention, ne bougez pas d’un pas, On vous regarde, là-haut. Alors comme ça, on porte de l’argent, un jour pareil ?   

Et je m’esquivai rapidement.  

Depuis ce jour, je ralentis toujours un peu dans la rue des Rosiers, juste pour voir.

                                                                      Guy Perelman

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