ASSOCIATION DES AMIS
DE LA COMMISSION CENTRALE DE L'ENFANCE
A noter :
Pour permettre au plus grand nombre
de participer au voyage à Tarnos
du 25 au 28 octobre 2012
La date limite des inscriptions
est reportée au
30 juin 2012
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Rencontre avec
Guy Konopnicki
autour de son dernier livre
Vendredi 1er Juin
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Nous reproduisons ici, le poème écrit sur sa visite au camp de Drancy, de notre amie Marguerite Elias Quddus, sur les traces de son père. Elle réside au Canada, a fait paraître un livre de souvenirs : « Cachée »,édité par la fondation Azrieli.
Coordonnées pour obtenir des copies gratuites de son ouvrage : Tamarah Feder, Program Manager, Holocaust Survivor Memoirs Publishing Program, The Azrieli Foundation, 164
Eglinton Avenue E. Suite 503, Toronto, Ontario, M4P 1G4 Canada
jody@azrielifoundation.org
LE CAMP DE DRANCY, pas loin de PARIS. Ce fut mon papa, qui l’inaugura...
Par un jour pluvieux, promenant son chien, pour le grand
"DÉPART",
un couple de vieux, comme de rien n’était
! les coups des
barbares,
d’un pas incertain, Tout semble parfait
! frappaient sans compter,
monte dans le train... Et pourtant, ils savent, sur ton corps
blessé.
Tous deux regardaient, que sous leur passage, Enfoui dans le
train,
ce qui défilait, des milliers de gens, n’y voyant plus rien,
derrière les carreaux, d’adultes et d’enfants, sans air ni
lumière,
sans se dire un mot. parqués dans ce
site, durant ce calvaire,
Triste paysage, au destin tragique, 3 nuits et 3 jours,
que ce pèlerinage... souffrirent le martyr ! le
monde était sourd.
Pas envie de rire, J'entends
quelqu'un dire: Les cris de
misère,
trop peur d’en souffrir...
"Des ISRAÉLITES !" même les prières,
Je fermais les yeux, "Encore des visites
!" de ces malheureux,
sans penser à Dieu, Au son de la
voix,
n’atteignaient pas"Dieu" !
ni à tous les Diables, je tremble d’effroi. Soixante-douze heures,
de l’irréparable. Dans
cette grisaille,
plongé dans l’horreur...
La maudite Guerre ! mon pied sur le
rail
Toi, tu espérais,
Je revois mon père... menant au wagon, qu’au prochain arrêt,
"T’avais 37 ans, je vois le fourgon : tu travaillerais...
tout’la vie devant!" fourgon à bestiaux, Ce n'était pas vrai!
Un idéaliste, qu’on mène aux bourreaux... Tu n’étais qu’un
JUIF,
à l’âge de mon fils, Mais c’était des hommes
! jeté à AUSCHWITZ
!
mes inséparables... On faisait tout
comme... La MORT
t’attendait...
Ce passé m’accable. entassés dedans,
Mais tu survivais,
"Ça y est, c’est DRANCY!" on en
chargeait 100 !
pendant près d’un mois...
s’écrie mon mari.
Pensais-tu à moi ?
Nous descendons vite ! L’entrée du TUNNEL, Au
déshabillage,
On se précipite au gouffre cruel !
à la chambre à gaz,
à travers les gens, Ceux qui l’ont
creusé, à bout de
courage,
en leur demandant, n’ont pu s’évader. ton dernier message,
où se trouve le CAMP ?
Dans ce lieu maudit, était-il : POURQUOI ?
Ils n’ont pas le temps ! gravé de mépris,
Gardais-tu la FOI ?
Ne le connaissent pas. mon père y resta,
Moi je l’ai perdue,
Quelque part par là ! à peu près 5 mois ! sitôt que j’ai su,
En suivant le plan, Je ne vois que
lui,
que tu étais MORT,
nous voici devant : surgir de
l’oubli..
Même quand je dors
Mon pauvre papa, je te cherche encore...
"Monument aux MORTS !" tu survivais là ? C’est toi, que j’implore !
Misérable sort. Tu marchais ici, Mon PAPA chéri,
Pénible silence. en
disant MERCI, qui n’a pas vieilli...
Doucement j’avance, pour un bout de pain, La vieille, c’est moi
!
vers les bâtiments, quand tu avais faim.... Et moi, plantée là,
remplis d’occupants. Pire qu’une prison, serrant dans mes bras,
C’est déconcertant, pour seule raison : cette image de toi,
mais c’est contrastant : d’être « JUIF ! » C’est tout. me brouillant la vue,
les cages à lapins, Ça justifiait tout
!
je suis dépourvue...
sentent plus l’purin, Tu sortis d’ici,
"Allez, on s’en va!"
du fond des latrines... une
nuit, sans bruit, C’est
assez comme ça,
Là, où la famine, le coeur
lourd de peine, me dit
mon mari,
la saleté, la peur, "marqué" pour
COMPIÈGNE ! trempé lui aussi,
crachaient la douleur ! De décembre à mars, Oh, mon
désespoir...
Là, je m’imagine, avec tes
comparses, la douce mémoire,
les pauvres victimes, tu t’es laissé faire... du père que
j’aimais,
face aux MIRADORS, Ne pouvant te taire, changera
jamais.
perchés aux deux bords.
rompu par la haine, En ce soir pluvieux,
Le temps les efface... ils t’ont mis des chaînes ! le couple de vieux,
Une femme passe, Comme à un bagnard
! se retrouve enfin,
une autre s’en vient, Arrivé en gare,
montant dans le train.
Marguerite Elias Quddus.
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