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Exposition au MAHJ
"La splendeur des Camondo"

Mercredi 17 février 2010
à 17h45 visite commentée

Complet : Il ne reste plus de places pour le groupe AACCE
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Vendredi 12 mars 2010 à 20h00
au 14, rue de Paradis 75010- Paris
Conférence-débat
autour du livre de Michel DREYFUS

"L'Antisémitisme à gauche"



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Présentation

Jeudi 16 novembre 2006 4 16 /11 /2006 17:27

Témoignage 

Résistance : entretien avec Roger Trugnan

 Dans le numéro 57 de La Lettre , nous avions recueilli le témoignage de Paulette Sarcey. Ce 11 octobre, son camarade et ami Roger Trugnan, a bien voulu retracer pour nous ce que fut l’histoire de sa famille et son propre engagement dans la Résistance.

 Il est né à Paris en 1923 de parents émigrés de Moldavie quelques années auparavant. Sa prime jeunesse, s’est déroulée dans le onzième arrondissement de Paris, autour du faubourg Saint Antoine où son père, militant communiste, était ouvrier ébéniste.

Aujourd’hui, avant l’évocation de son propre passé, il a tenu à rappeler l’action et le courage des siens. Son père, sa mère, sa petite sœur Germaine se sont d’emblée engagés dans la résistance ; tout d’abord dans la capitale, puis dans un petit village de l’Isère qu’ils ont pu atteindre grâce à l’aide d’autres résistants et où ils ont trouvé à s’employer dans une fabrique de pantoufles. De toute la guerre, la gestapo ne pénétra qu’une seule fois - au printemps 1944 - dans ce village isolé; les parents de Roger et sa petite sœur furent arrêtés et déportés dans l’un des derniers convois qui partit de Drancy pour Auschwitz, dont aucun d’entre eux n’est revenu.

 

 Dans son enfance, Roger Trugnan fréquenta les mouvements et «les fraternels patronages » de la jeunesse communiste de ce quartier dans lequel il était profondément enraciné. C’est donc tout naturellement, que très tôt, dès 1940, il a pris l’initiative d’organiser un groupe clandestin de trois jeunes militants juifs communistes  qui comprenait outre lui-même, Marcel Rayman, le copain d’enfance, l’ami de toujours et Maurice Lubeczanski. Des organisations analogues se mettaient en place dans d’autres quartiers populaires (dans le 20ème autour d’Henri Krasucki, le 18ème, le 10ème , le 4ème) ; le nombre de membres de chacune d’entre elles était très restreint pour des raisons évidentes de sécurité et le cloisonnement était de règle. Après l’entrée des Allemands dans Paris, les premières activités visaient à sensibiliser les habitants de Paris en distribuant des tracts, les numéros spéciaux de l’Avant Garde, en collant des papillons partout où cela était possible..

L’action armée est venue plus tard, en 1943. Les premières armes  furent allemandes, piquées dans les vestiaires des piscines ; d’autres furent données par les FTP. Dans le groupe, le spécialiste des actions armées fut Marcel Rayman qui se révéla un combattant hors pair. Le recrutement, la diffusion de la presse, la coordination avec Louis Bruneau le responsable de la résistance juive au Comité Central,  étaient les priorités plus particulièrement dévolues à Roger Trugnan, alias Roger Terron.

 

 En mars 1943, une cinquantaine de jeunes communistes juifs, sont arrêtés par la police française ; une patiente filature est venue à bout de leur vigilance. Roger Trugnan, détenu dans les locaux de la préfecture de police y sera interrogé, torturé sans relâche, durant une quinzaine de jours. Il en fut de même de ses compagnons, dans différents lieux de Paris et de sa région.

Envoyé à Drancy, il y retrouve tous ses camarades. Tous ensemble ils seront déportés, en juin 1943 à Auschwitz. Très rapidement, il fut transféré avec Henri Krasucki entre autres, en Haute Silésie, au camp de Jawischowitz où les prisonniers étaient affectés au travail de la mine. Dès leur arrivée dans cette annexe d’Auschwitz, Roger Trugnan, Henri Krasucki et Samuel Radzinski ont formé le premier groupe de résistants communistes français. C’est sans doute cette solidarité ainsi que celle de résistants d’autres nationalités qui leur a permis à tous les trois de survivre dans cet enfer, durant dix neuf longs mois, de ne pas être broyés par la machine nazie.

En janvier 1945, le camp de Jawischowitz a été évacué et les prisonniers contraints à la « marche de la mort » - durant laquelle la moitié d’entre eux périrent - jusqu’au camp de Buchenwald. Là, d’emblée, Roger et ses camarades ont été reconnus par l’organisation résistante du camp. Le 11 avril 1945,  ils participaient  à sa libération.

Le 1er mai 1945, ils manifestaient en parcourant le bien aimé faubourg Saint Antoine de Roger Trugnan.

 J. Cohen

Par AACCE - Publié dans : La Lettre N° 59
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