Mardi 9 janvier 2007
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Au début de l'été 42, les mesures contre les Juifs se renforcent de mois en mois. Les parents n'ont qu'une idée en tête, sauver les enfants. C'est à qui aura une adresse "sûre" dans
la France profonde. Le bouche à oreilles va bon train. Ainsi une dizaine d'enfants juifs de
la Rue Basfroi , Paris 11° et des quartiers environnants, se retrouvent dans un petit village de
la Sarthe , Cérans Foulletourte, où une Madame Houssin tenait une pension de famille, (moyennant rétribution). Celle-ci, bien sûr, pour rester dans la légalité, avait bien déclaré ses pensionnaires Juifs, à la sous préfecture. Des villageois se souviennent:" Les enfants juifs de Madame Houssin, bien sûr, nous jouions ensemble dans la cour de l'école ou à l'occasion de la kermesse organisée au Château. La plupart portaient une belle étoile jaune sur la poitrine. Nous avons même organisé des chasses aux papillons avec eux. Un jour, ils ont disparu. Personne ne s'est demandé pourquoi". En fait, le 14 octobre 1942, un camion de
la Wehrmacht , envoyé par Hans Dietrich Ernst, chef régional de
la Gestapo , s'arrête devant la pension et, en l'absence de Madame Houssin (tiens, tiens) embarque tout ce petit monde, direction du Camp de Mulsanne. De là, ils seront acheminés vers Drancy d'où, notamment la petite Marie Krajzelman, 7 ans, dont les parents avaient déja été déportés deux ans auparavant, partira par le convoi 77, ce fameux convoi que les Allemands, n'ayant pas assez d'enfants, complétèrent tant bien que mal par des enfants cueillis dans différentes "pensions" de la région parisienne le 31 juillet 1944 pour Auschwitz.
Rachel Reder (Szpicak)
Par AACCE
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Publié dans : La Lettre N° 60
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