AGENDA

Exposition au MAHJ
"La splendeur des Camondo"

Mercredi 17 février 2010
à 17h45 visite commentée

Complet : Il ne reste plus de places pour le groupe AACCE
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Vendredi 12 mars 2010 à 20h00
au 14, rue de Paradis 75010- Paris
Conférence-débat
autour du livre de Michel DREYFUS

"L'Antisémitisme à gauche"



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Présentation

Mardi 20 février 2007 2 20 /02 /2007 21:36

 

 Si la transmission du judaïsme religieux se fait aisément, qu’en est-il de celle du judaïsme laïc qui entend être reconnu comme tel tout en refusant en principe l’expression religieuse. Ce thème est au cœur des interrogations des juifs laïques de France qui bien que plus nombreux que les religieux ont une moins grande visibilité sociale qu’eux. En avril dernier, le Cercle Bernard Lazare avait invité trois conférenciers qui ont exposé leur problématique sur ce thème. Quelques retours.

 Une psychanalyste, Edwige Encaoua, en partant de l’exemple de Freud (cf. ci-dessous) a traité de la fidélité juive laïque et du processus de transmission. A la question, le judaïsme laïc est-il transmissible, Edwige Encaoua, répond oui mais précise  « il  faut que la mutation culturelle du judaïsme religieux se soit authentiquement accomplie chez les parents. Cela veut dire que le lien qui les rattache à la culture ».soit «  un lien qui signifie leur présence au monde au sens fort du terme. Pour ne plus avoir besoin de cette « sorte de fossile qu’est le religieux » comme disait Freud, il faut y mettre une forme de foi, une foi qui n’a rien à voir avec la foi religieuse, une foi que l’on pourrait qualifier de militante et que l’on pourrait aussi appeler la foi du passeur ».

 Autre conférencier, Izio Rosenman, président de l’AJHL (Association pour un judaïsme humaniste et laïque) lui aussi se réfère à Freud mais également à Spinoza, Moïse Mendelssohn (le fondateur de la Haskala, l’équivalent juif des Lumières)...

 Il note qu’aujourd’hui le messianisme religieux a cessé d'être l'horizon de la majorité des Juifs sans qu'un élément unifiant nouveau ne soit apparu. « L'Etat d'Israël a été pendant longtemps un facteur unificateur pour une grande partie des Juifs. Mais cette identification se faisait avec un Israël plutôt imaginaire que réel, et certainement moins déchiré que l'Israël actuel. Cependant le rapport à Israël ne peut suffire à lui seul à définir leur identité pour les Juifs de la Diaspora, car cela les constituerait dans leurs pays comme des émigrants potentiels. Après la Shoah, le souvenir de celle-ci a, pendant un certain temps - une à deux générations - joué ce rôle de facteur d'identification unificateur, et le joue encore pour beaucoup. Mais celle-ci est déjà trop éloignée dans le temps, plus d'une génération, pour jouer seule ce rôle. Au demeurant il s'agirait là d'une identité assez mortifère, celle d'une destinée victimaire, qui ne serait porteuse d'espoir que si elle avait pour effet de mobiliser en permanence les Juifs contre les dangers menaçant d'autres groupes. Il est cependant évident que l'antisémitisme, la Shoah, et la création et la présence d'Israël ont profondément modifié la situation et la conscience des Juifs dans le monde, et contribuent donc de façon essentielle à cette identité.

 Deux éléments lui semblent importants à maintenir, d’une part « la réaffirmation et la défense du pluralisme dans le judaïsme et d’autre part l'intégration de la dimension religieuse du judaïsme dans le concept plus large de « judaïsme comme culture ». Cette perception permet d’avoir du judaïsme, une vision dynamique, ouverte sur la cité, une vision qui replace le judaïsme dans l’histoire ».

 La fidélité juive de Freud

Freud (1856- 1939), était athée et n’a cessé de démystifier la religion et de s’opposer aux pratiques religieuses dans sa maison tout en s’affirmant comme Juif. Comme Einstein, il adhérait au B’naï Brith (association juive libérale) et participant au Conseil d’Administration de l’Université Hébraïque de Jérusalem. Mais s’il affirma toujours son appartenance au judaïsme, c’était un judaïsme désacralisé, mais profond dont il se sentait l’héritier (cf. in Marthe Robert). La révolution psychanalytique. La vie et l’œuvre de Freud). Dans une conférence donnée au B ‘nai Brith en 1926, il affirme « Mes parents étaient juifs, moi-même suis demeuré juif ». Il croit en quelque chose d’indéfinissable, d’intangible, qui fait de lui un Juif. « la claire conscience d’une identité intérieure, le sentiment intime d’une même construction psychique » Son hypothèse était celle de la transmission d’une judéité en dehors de toute communication verbale par l’intermédiaire de traces mnésiques héritées des ancêtres. A l’occasion de la mort de David Eder, également psychanalyste, il déclare « Nous étions juifs tous les deux et nous savions que nous avions en commun, ce «je ne sais quoi de miraculeux » jusqu’ici resté inaccessible à toute analyse et qui est le propre du juif ».

 A l’évidence, aujourd’hui, on ne peut compter sur ces seules traces mnésiques pour assurer la transmission du judaïsme laïque. Freud n’a pas connu la Shoah, ni le grand nombre de mariages mixtes, ni la création de l’Etat d’Israël. Certes la permanence de. l’antisémitisme peut nous laisser penser que la fidélité à l’identité juive n’est pas prête de s’éteindre et la preuve en est le renouveau de la culture juive dans l’espace social grâce notamment. aux associations juives (pas seulement laïques) Il faut sans doute élargir à la culture sépharade (à quand une Maison de la culture sépharade comme en Argentine !) Mais aussi permettre au judaïsme laïc d’être présent dans le débat public. Sans doute au lieu qu’elles se fassent concurrence fédérer les associations juives laïques.

 

                                                                                                Monique Kreps  

Par AACCE - Publié dans : La Lettre N° 60
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